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Vendredi 6 mars 2009

« Les oiseaux sont la personnification même de la liberté. Dès qu’un ciel cesse d’être à l’image de leurs désirs, ils se rassemblent, se concertent puis prennent leur vol en une très lointaine migration où certains laissent leur vie. C’est le prix à payer pour vivre à l’unisson de ses désirs, dans les paysages et les horizons qui réconcilient avec soi-même ». P113.


Par Yazid Haddar:

La dernier Roman posthume de Tahar Djaout, un écrivain pas comme tous les autres, un ouvrage lucide, imprégné des années du FIS. Rappelant qu’il fut assassiné le 2 juin 1993. Ce roman posthume, magnifique, montre la profondeur du traumatisme, et le lourd climat de peur et de renoncement lorsque subitement "la nuit bouscule le jour". Si le quotidien algérien s'enfonce dans les ténèbres, Boualem Yekker, lui, petit libraire de quartier, père de 2 enfants, (Kanza) restait le dernier résistant à l’invasion des barbus. Boualem est alors spectateur lucide (d’où son nom, Yekker, en kabyle, qui signifie « celui qui s’éveille » ou « celui qui se lève » exprimant ainsi le projet premier de l’œuvre) de cette déviance qui transforme rapidement les gens qui l’entourent : « les enfants sont devenus les exécutants aveugles et convaincus d’une vérité qu’on leur présente comme supérieure (p.45) ».

Un ouvrage très intelligent, il nous prolonge dans les années sombres de notre histoire, lorsque les islamistes renient toute forme d’évolution humaine. Selon eux «  1. La science n’a le droit de s’intéresser qu’aux questions non tranchées dans le Livre.2. Tout résultat, toute découverte scientifiques doivent être confrontés avec le Texte afin de leur y trouver une justification.3. Notre religion est la source de tout savoir : toute loi scientifique, morale ou législative édictée au temps d’avant cette religion, ou l’humanité baignait dans les ténèbres, le mensonge et la barbarie, est nulle et non avenue. (p. 84) Que reste-t-il depuis ? Avaient-ils renoncé à leur conviction ? Ces théorèmes qui été que des paroles, maintenant sont devenu des croyances, des vérités absolues, personne ne peut les remettre en question !

« L’ordre nouveau voudrait élaguer l’humanité mais aussi chaque être en particulier. Expurger, amputer, purifier. Ne laisser de la mémoire que ce qui célèbre la Révélation, ne laisser du savoir que ce qui ne pose pas de question, ne laisser de l’homme que part soumise à Dieu-un Dieu dont les maîtres nouveaux ont soigneusement tracé les contours : il ne connaît ni l’amour ni le pardon, ni la compassion ni la tolérance. C’est le Dieu de la vengeance et du châtiment » P.89.

Ainsi Tahar Djaout n’était pas seulement un écrivain, mais un bon visionnaire. A travers le personnage de Boualem Yekker, Djaout révèle son inquiétude quant à l’avenir de son pays. Boualem est-il alors le double de l’auteur dans la lutte incessante contre cette peur ? Si nous nous plongeons dans la biographie de ce dernier, nous voyons bien qu’il n’a jamais cessé à travers ses romans, ses poèmes, ses articles de dénoncer la gangrène islamiste. Malheureusement le chant posthume de Djaout, demeuré ouvert, prélude sa fin, sa mort.

 

Par Haddar Yazid - Publié dans : Culture
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Samedi 28 février 2009

‘’J’ai écrit en tant qu’être humain, enfant de la glèbe et de la solitude, hagard et démuni, qui ne sait pas ce qu’est la Vérité, dans quel pays elle habite, qui la détient et qui la distribue. Je la cherche et, à vrai dire, je ne cherche rien, je n’ai pas les moyens, je raconte des histoires, de simples histoires de braves gens que l’infortune a mis face à des malandrins à sept mains qui se prennent pour le nombril du monde, à la manière de ceux-là, perchés au-dessus de nos têtes, souriant grassement, qui se sont emparé de nos vies et de nos biens et qui supplément exigent notre amour et notre reconnaissance. J’aimerais leur dire que la dictature policière, bureaucratique et bigote qu’ils soutiennent de leurs actes ne me gêne pas tant que le blocus de la pensée. Etre en prison, d’accord, mais la tête libre de vagabonder, c’est ça que j’écris dans mes livres, ça n’a rien de choquant ou de subversif.’’

 

Ce que Boualem Sansal écrit dans son livre : Poste restant : Alger, lettre de colère et d’espoir à mes compatriotes, à l’édition Gallimard, paru le 16 mars 2006, une longue lettre adressé aux algérien(ne)s, c’est une réflexion qui touche à tous les maux de l’Algérie, c’est une forme d’invitation à tout Algérien et Algérienne de revoir leur vision sur leur Histoire, leur identité, leur langue et leur religion. L’auteur nous propose une vision plus humaniste et plus moderne. 

 

L’auteur défend bien ses idées, mais il répond également aux critiques qui lui ont été adressées par les intellectuels algériens, comme il est nostalgique de la période coloniale. Sur ce point exactement et à l’occasion de  la loi qui glorifie l’apport positif de la colonisation votée en Févier 2005, l’auteur écrit que la loi ne fait pas l’Histoire mais elle l’assujettit. Il écrit ‘’ l’Algérie n’eut guère de chance, des invasions, elle en a connu depuis la carthaginoise et chacune a laissé sa marque (…). On devrait un jour parler de ce que nous avions pris à ceux qui sont passés chez nous et dont la somme nous dit assez bien : le hammam des Romains, la cuisine des Turcs, la musique andalouse des juifs et leur art du négoce, l’islam et l’art équestre des Arabes, la gouaille des pieds- noirs, le goût des lettres des Français, et de ce que nous leur avons donné : ce goût de paradis qui fait qu’ils ne voulaient plus repartir’’.

 

Ce livret n’a pas encore mis en critique par nos compatriotes, ni par les intellectuels français. Comme d’habitude, on se demande souvent pourquoi écrire quand on n’est pas lu ? Souvent les écrits qui apportent des idées nouvelles, une vision plus lucide et plus lumineuse comme celle de Boualem Sansal, Rachid Boudjadera, Salim Bachi et d’autres ne trouvent plus d’écho au sein de notre communauté. Est-ce que l’Algérie est condamnée à vivre dans l’obscurité et l’anarchie ? Ce grand pays riche par ses ressources humaines et naturelles n’arrive pas à trouver son vrai chemin et sa place parmi les grandes nations, par cécité politique ou bien par les choix politiques. Pour que notre pays trouve son chemin vers la liberté et le respect des droits humains les plus élémentaires, et son épanouissement tant attendu pour exploiter sa richesse identitaire, linguistique et religieuse pour rejoindre le monde qui avance. Pour cela, doit-on être armé de vigilance ? Car, la vigilance est le premier devoir de la vie et nous en avons abondamment manqué, écrivait Boualem Sansal.

    

 

 Poste restante : Alger lettre de colère et d’espoir à mes compatriotes, édition Gallimard, mars 2006.

 

Par Haddar Yazid - Publié dans : Culture
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Vendredi 20 février 2009

Voici Un texte que je viens de recevoir dans ma boite émail sur les pratqiues douteuses et des intimidations, qui nous rappelle une autre époque de notre histoire.
TIMANIT I TMURT N IQVAYLIYEN

MOUVEMENT POUR L’AUTONOMIE DE LA KABYLIE

M—A—K

INTIMIDATIONS CONTRE LES CADRES DU MAK

 

M. Mouloud MEBARKI, Secrétaire General  du MAK a eu une descente de la police chez lui, le 18 février pour l’interroger sur ses activités au sein du Mouvement autonomiste.

M. Mohand Loukad, Secrétaire national à la Culture et au Patrimoine du MAK a été saisi manu militari et engouffré dans un véhicule de type 4X4, jeudi 19 février 2009 à des fins d'intimidations alors qu’il était invalidé par une grave blessure au pied.

Le véhicule dans lequel il a été séquestré est de type 4X4 et porte le numéro suivant : 00740.196.15.

M. Mohand Larvi Tayev, Président du Conseil National et Secrétaire National aux universités a reçu une convocation-télégramme du Président de la Cour de Tizi-Ouzou,  mercredi 18 février pour se faire sermonner sur l’usage qu’il fait des langues kabyle et française dans son cadre professionnel. (Enseignant universitaire et géomètre). 

Ces dérives policières du régime algérien antikabyle rappellent celles de l’ère du Parti Unique des années 70-80 lorsqu’on donnait la chasse quotidienne aux militants du MCB. Elles sont l’expression d’une fuite en avant qui va irrémédiablement conduire la Kabylie vers des troubles dont il sera le seul responsable.

 Les militants du MAK, sûrs de la légitimité de leur action qui est conforme au Droit, loin de se laisser intimider ou impressionner par des opérations de ce genre sont plus que jamais déterminés à aller de l’avant pour défendre la dignité du peuple kabyle et son droit à son autonomie. 

Le MAK alerte l’opinion internationale sur les menaces qui pèsent sur la liberté, voire la vie, de ses militants qui sont démocrates, pacifiques et laïcs.

Il appelle la Kabylie à rester vigilante et résolue à observer un boycott total de l’élection présidentielle le 9 avril prochain.

Kabylie, le 10/02/2009

 

Par Haddar Yazid - Publié dans : POLITIQUE
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Jeudi 19 février 2009

« Ecouter ne veut pas dire interpréter selon ses désirs cette parole, mais la remettre dans son contexte et lui donner le statut d’un message destiné à l’humanité »

Tahar Ben Jelloun

La lecture de dernier ouvrage de Mahmoud Hussein, qui est le pseudonyme commun de Baghat Elnadi et Adel Rifaat, deux politologues français d’origine égyptienne, nous apporte des éclaircissements sur le livre sacré : le Coran, mais il peut, aussi,  heurter les convictions des fondamentalistes religieux. Avec une écriture simple, claire et argumentée, les auteurs nous offrent des clés pour accéder aux textes Sacrer. Ce qui nous permet une meilleure compréhension de la révélation coranique, en la situant dans le temps et dans l’espace. « Au-delà d’une information élémentaire sur la teneur de tel ou tel verset, nous (les auteurs) nous efforcions de souligner ce qui, pour nous, était une évidence : que la parole coranique entretient un lien vivant avec le contexte dans lequel elle a été révélée » (p.19). Les rencontres avec le publique suite à la publication de leur ouvrage Al-Sîra, sur le Prophète de l’Islam raconté par ses compagnons (deux tomes, 2005, 2007), leur a permis « de mesurer la difficulté qu’éprouvent de nombreux croyants à admettre un tel discours. Et de comprendre pourquoi, dans leur for intérieur, ils ne se sentent pas autorisés à l’admettre (p19) ».  Selon les auteurs, cet handicape est dû a «  une doctrine qui progressivement pris corps après la mort du Prophète et qui, depuis, n’a cessé de faire ravages dans les esprits ». Cette doctrine, expliquent les auteurs, « repose sur un raisonnement à première vue imparable : le Coran étant la parole de Dieu, il n'est pas tributaire du Temps ».

Ainsi l’ensemble des chapitres (vingt) essayent de démontrer le contraire de cette lecture littéraliste (le strict respect de la lettre) qui irrigue la pensée majoritaire dans l'islam aujourd'hui[1]. En multipliant les exemples à propos des prescriptions concernant la femme, les relations avec les autres religions, concernant la personne du Prophète et Ses contemporains, sur les versets abrogés, etc. Ils ont laissé parler l’histoire ; ils s’appuient sur des textes écrits à l’époque comme Al-Bukhârî, Muslim, etc.

Prenant l’exemple du voile, en s’appuyant sur le texte d’Al-Wâhidî : « les maisons de Yathrib étant trop petites, les gens devaient sortir pour leurs besoins. Les femmes sortaient à la nuit tombée. Les débauchés les suivaient, s’approchaient d’elles, leur faisaient des avances. Lorsqu’elles se taisaient, ils les importunaient davantage ; lorsqu’elles les repoussaient, ils finissaient par s’éloigner d’elles. Ces débauchés poursuivaient surtout les esclaves, mais dans l’obscurité de la nuit, ils ne pouvaient distinguer les femmes libres des esclaves, puisqu’elles étaient toutes vêtues de robes et portaient des foulards. Les femmes parlèrent de ces choses à leurs maris, qui en parlèrent au Messager de Dieu. Alors le Très-Haut révéla : « Prophète, dis à tes filles, aux femmes des croyants, de revêtir leur mantes. C’est le plus sûr moyens pour elles de se faire reconnaitre et de ne pas subir d’offense ». (Coran XXXIII, 59). Les auteurs précisent qu’il s’agit ici de « mante » ou de « châle » (julbâb) plutôt que de « voile » (hidjâb), le mot que l’on trouve plus loin, dans le verset XXXIII, 53 s’appliquant aux seules épouses du Prophète. (p.120)

Les auteurs ont montré que Dieu est proche de Homme et qu’Il n’est pas contre lui, Il a guide le Messager de Dieu, pour montrer le chemin aux croyants pour qu’ils se connaissent, pour qu’ils se rencontrent. En méditant la Parole de Dieu, en favorisant la réflexion appuyée sur la raison. Quand on lit le Coran, écrit  Tahar Ben Jelloun, avec les lunettes de la transparence et de l’intelligence du cœur, on se rend compte qu’il est le texte le plus farouchement opposé à l’intégrisme, au fanatisme, au djihad en tant que prétexte à l’assassinat d’innocents, au suicide et à toute forme de violence politique qui détourne l’islam de son message d’humanisme et de paix. […]. La nouveauté de cet essai, poursuit-il, est de remettre les idées en place sans intervention extérieure, sans donner de ­leçons, mais en revenant au texte lui-même […][2].

 



[1] Cf. entretien dans le Nouvel Observateur.

[2]  Cf. Paris Match du 22-01-2009

 

Par Haddar Yazid - Publié dans : Culture
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Dimanche 8 février 2009


Par Omar Berbiche


L’annonce de la candidature de Bouteflika se précise de jour en jour. Un fax émanant du Comité de préparation de l’annonce de candidature de Monsieur Abdelaziz Bouteflika signé du « directeur de la communication », Abdeslam Boucouarab, ancien ministre, cadre du Rassemblement national démocratique (RND), est parvenu hier à la rédaction, invitant les médias à une conférence de presse pour aujourd’hui. La convocation, hier, par le président de la République, de la Commission politique chargée de la supervision de l’élection présidentielle, devrait enclencher le compte à rebours pour l’opération de dépôt des candidatures. La candidature de Bouteflika n’est plus, à présent, qu’une question de jours. La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Mme Louisa Hanoune, la seule candidate de poids sur laquelle compte le pouvoir pour « crédibiliser » ce scrutin, fait durer le suspense, comme le président Bouteflika, mais pour d’autres raisons, en posant de nouvelles conditions à sa participation à l’élection présidentielle. Non à la présence de superviseurs étrangers pour préserver la souveraineté nationale, plaide Mme Hanoune dans une lettre adressée au président Bouteflika. La première responsable du PT cherche-t-elle un prétexte pour se ménager une porte de sortie de la course à l’élection présidentielle ? Le boycott quasi général de ce scrutin des candidatures potentielles issues soit des partis influents ou des personnalités nationales qui ont des projets et des ambitions présidentielles place le PT dans une position inconfortable. Renoncer à participer pour des raisons de dévoiement du processus électoral, qui a commencé avec la révision de la Constitution, comme accusent les partisans du boycott, c’est se situer dans une posture politique de rupture et de défiance avec le système, du moins par rapport à cet événement. Un pas que Mme Hanoune ne voudrait pas et ne pourrait pas franchir, compte tenu des positions du parti par rapport au programme du président de la République, qu’elle n’a pas combattu sur le terrain comme devrait le faire un parti de l’opposition. Tout en gardant son sens critique, le PT a joué durant ces deux mandats de Bouteflika sur les deux tableaux. Soutien ferme et parfois soutien critique d’un côté, dénonciation, par ailleurs, de certaines décisions et orientations du pouvoir, telle la loi sur les hydrocarbures. Le PT avait pesé de tout son poids en vue de l’amendement de la loi en question. On voit mal Bouteflika accéder à la demande de Mme Hanoune, alors que l’invitation officielle est déjà lancée aux observateurs étrangers. Après le refus, il y a à peine quelques jours, de Djaballah du mouvement En Nahda de s’impliquer dans cette élection, une défection qui avait sans doute faussé tous les calculs du pouvoir qui avait beaucoup misé sur cette candidature islamiste pour donner des gages que le scrutin est libre et ouvert, la résistance que fait Mme Hanoune à ce stade du processus électoral risque d’achever les dernières espérances du système dans sa quête éperdue de crédibilisation de cette élection. On saura dans les tout prochains jours si le PT fait de la résistance active ou passive. En tout état de cause, avec ou sans Louisa Hanoune, avec toute son aura et son parcours militant respectable, ce scrutin a déjà un avant-goût amer. A l’image de l’élection présidentielle de 1999 qui avait vu six candidats de poids se retirer de la course à la présidentielle face à la candidature de Bouteflika pour protester contre « la fraude annoncée ». Bouteflika, qui avait fait peu cas de cette défection, ne semble pas se trouver cette fois-ci dans les mêmes dispositions aux plans politique et éthique. L’absence de concurrents d’envergure à cette élection, investie par des candidatures globalement sans relief, autant qu’elle concourt à discréditer ce scrutin, confère à la candidature de Bouteflika l’aspect d’une candidature unique dans un scrutin en apparence pluriel.


Par Haddar Yazid - Publié dans : POLITIQUE
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Dimanche 25 janvier 2009

Par Ali Bahmane (25/01/09)


Il faut fermer la parenthèse actuelle et amorcer un processus démocratique seul à même d’arrêter la descente aux enfers des dix dernières années. » Le propos a été tenu par Rachid Benyelles, général en retraite, qui a relevé que l’armée ne pèse plus rien sur la scène politique car neutralisée par Bouteflika et son ministre de l’Intérieur qui ont « installé un régime policier ». Il propose la suspension de la Constitution et des partis politiques, la dissolution du Parlement et la mise sur place d’un Conseil national « devant garantir l’instauration de la démocratie ». Cette approche se veut un approfondissement du débat sur les moyens de sortie de la crise actuelle caractérisée principalement par l’absence d’alternance politique au pouvoir. Mais le changement du système par le système proposé par Rachid Benyelles a-t-il des chances de voir le jour au vu du rapport de forces actuel ? Depuis une cinquantaine d’années, Aït Ahmed propose à peu près le même scénario – une Constituante – mais sans résultat aucun.

Car il y a une réalité souvent sous-estimée : le système – ou l’ordre établi – est devenu particulièrement fort, nourri des relations d’intérêt, de clans et de régions qui se sont tissées au fil des décennies, puisant leur source dans la guerre de libération, voire dans le mouvement national. Tout un personnel politique a été porté au pouvoir où il s’est autoproclamé détenteur de l’intérêt national et continuateur de l’esprit de Novembre. Ces gens-là, nul ne pouvait les déloger sauf lorsqu’ils règlent des comptes entre eux, parfois avec violence. Toutefois, la société a montré qu’elle pouvait dire son mot et parfois même changer le cours des événements. Octobre 1988 a été la riposte foudroyante des jeunes à un horizon de désespoir, le printemps berbère puis Avril Noir des réponses au déni identitaire institutionnalisé.

Les émeutes populaires sont apparues comme des réponses appropriées au mépris des autorités et les syndicats libres ont appris à arracher des espaces de négociation sur le terrain des luttes. C’est dans cette combativité de la société algérienne que réside le changement véritable, loin des appareils stériles et c’est ce que n’ont pas compris nombre de partis et de personnalités politiques qui, en tournant le dos aux luttes et aux souffrances, ne sont pas allés bien loin, finissant souvent par servir d’alibis aux autorités en quête désespérée de crédibilité démocratique ou par peur de mourir dans l’opposition cédant carrément aux sirènes du pouvoir. Le discrédit d’une partie de l’opposition politique trouve sa source dans cette incapacité à se hisser au niveau des exigences populaires et dans leurs querelles mesquines de leadership.

La volonté du régime incarné par Bouteflika de se pérenniser, de reconduire les mêmes mœurs et les mêmes hommes, alors qu’ils sont porteurs d’échec total, se nourrit des errements, des hésitations et des égoïsmes au sein de tout ce qui est communément appelé le camp démocratique ou le camp du changement. Un retournement de situation est-il possible ?

Par Haddar Yazid - Publié dans : POLITIQUE
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Dimanche 4 janvier 2009

Par  sonia lyes (TSA) , le  03/01/2009  

Depuis le début de l'agression israélienne contre Gaza, un seul choix est disponible en page d'accueil version française de « Google News » : les médias français et européens. A la une du site d'information en temps réel du célèbre moteur de recherche, seuls des articles des principaux médias francophones européens sont visibles, avec la même tonalité et un traitement quasi-identique de l'information sur ce sujet.

Samedi 3 janvier, une semaine après le début du « conflit », les choses n'ont pas évolué. En cliquant sur « lire les autres articles », aucune trace d'un média non européen à l'exception d'un mystérieux «Israël Valley » dont il est inutile de préciser la position sur le dossier. Il faut parcourir au moins cinq pages pour tomber sur des dépêches de l'agence chinoise XINHUA qui reprennent souvent les appels de l'ONU à l'arrêt des tirs de roquettes du Hamas (sic).

La presse francophone algérienne et des autres pays arabes (Maroc, Liban, etc) est régulièrement reprise sur « Google news », quel que soit le sujet traité. Au départ, à Tout sur l'Algérie, nous avions pensé que cette absence de la presse francophone des pays arabes de « Google News » était due au fait qu'on utilisait l'orthographe Ghaza au lieu de Gaza. Mais même en adaptant l'orthographe, le résultat reste le même. Il s'agit donc bien de censure.

Cette exclusion ne concerne pas seulement la presse algérienne. Les  journaux francophones libanais ou marocains ne sont pas, non plus, visibles sur le célèbre site. Ces médias sont-ils exclus pour impartialité supposée dans le traitement de l'information  ou pour non conformité de leurs positions avec celle du site? Au-delà du fait que la presse européenne n'a pas fait preuve d'une grande neutralité dans ce dossier, « Google News reprend » depuis une semaine des informations émanant de sites communautaires  israéliens dont la position sur le conflit est plus que discutable.

Comment croire, dès lors, à la sincérité du discours maintes fois répété sur les droits de l'Homme et la liberté de la presse? C'est à croire que ce sont là des notions dont la perception est fortement sélective chez ceux-là mêmes qui prétendent en être les promoteurs. 

Par Haddar Yazid - Publié dans : Vu dans la presse
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Jeudi 25 décembre 2008

Voici un texte que j'ai lu sur TSA écrit par: m.a boumendil 

Au gré des changements de la constitution, c'est connu, on passe d'une république à l'autre. Si on est à la première, on passe à la deuxième, si on est déjà dans la deuxième, on passe à la troisième, et ainsi de suite. Comme l'Algérie ignore déjà si elle est une république ou pas, si elle est algérienne ou pas, si elle est démocratique ou pas, si elle est populaire ou pas, comme chaque président réellement élu ou pas s'est doté de sa constitution, on ne sait plus de quel chiffre affubler cette nouvelle république qui n'en est pas forcément une.

Heureusement pour nous qu'il y a des acteurs politiques inamovibles qui ne sont pas en manque d'idées et qui viennent au secours du pouvoir pour le sortir de ce sacré problème sémantique. Zahia Benarous, ancienne présentatrice du journal télévisé, ancienne ministre de la république et actuelle membre du Conseil de la Nation, désignée dans le tiers présidentiel, appelé tiers bloquant par les initiés, n'a rien trouvé de mieux que de lancer des youyous dans l'enceinte même du sénat, à la seule évocation d'un troisième mandat pour le président Bouteflika.

Avant elle, c'est une ministre de la république en exercice, dont je tairai le nom par décence, qui a voulu tenter le coup des youyous en pleine réunion du conseil des ministres, précisément le jour où l'amendement de la constitution était à l'ordre du jour. Fort heureusement, avant de jouer à l'indienne, elle en a demandé la permission à son président qu'elle voulait honorer par ces manifestations sonores que nos contrées berbères ont en partage avec les tribus apaches. Ce dernier l'en aura dissuadé, lui rappelant que les séances du conseil des ministres sont filmées et qu'il ne faut surtout pas confondre ledit conseil avec une zerda quelconque, dusse cette zerda être le fait d'une zaouïa maraboutique.

Le problème est désormais réglé. Nous ne passons ni de la première à la deuxième, ni de la deuxième à la troisième république ; nous passons de la république des copains et des cousins à la république des youyous. Un sujet de satisfaction tout de même : pour une fois, les femmes du pouvoir se sont imposées devant les nombreux mâles chauffeurs de bendir qui, dans un dernier sursaut d'orgueil, se sont abstenus d'imiter les femelles dans leurs manifestations hystériques.

Par Haddar Yazid
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Mardi 23 décembre 2008

Reporters sans frontières est indignée par la peine requise à l'encontre du directeur du quotidien algérien francophone El Watan, Omar Belhouchet, et de l'une de ses journalistes, Salima Tlemçani. Le 23 décembre 2008, ils ont été condamnés chacun à trois mois de prison ferme et 50 000 dinars d'amende (500 euros) pour "diffamation" pour un article publié en 2004.

"Nous sommes indignés par cette condamnation. La peine infligée à nos confrères est assurément disproportionnée et plus lourde que prévu. Alors que nous avions demandé l'abandon des poursuites engagées à leur encontre, nous n'avons pas été entendus. Nous le répétons, les autorités algériennes doivent cesser de recourir systématiquement à des peines d'emprisonnement en matière de délit de presse", a déclaré Reporters sans frontières.

Omar Belhouchet et Salima Tlemçani étaient poursuivis pour "diffamation" après que la plainte d'un "raqui" (guérisseur exorciste) a été déposée. Le 15 décembre 2008,Omar Belhouchet et Salima Tlemçani ont été entendus en l'absence du plaignant, qui exerce toujours la médecine. À l'issue de l'audience, le procureur du tribunal avait requis une peine de deux mois de prison ferme pour chacun des deux inculpés. Leur avocat, Maître Khaled Bourayou, a décidé de faire appel de cette décision qu'il estime "injustifiée".

En mars 2008, Omar Belhouchet avait déjà été condamné à deux mois de prison ferme pour "diffamation" dans une affaire qui l'opposait au préfet de la région de Jijel (Nord- Est de l'Algérie).

Par Haddar Yazid - Publié dans : POLITIQUE
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Lundi 22 décembre 2008

Nous assistons ces dernières années à une compagne médiatique malsaine de la part du quotidien arabophone El-Chourouk el Yaoumi  contre la Kabylie et aussi contre le courant démocrate en Algérie. Si vous avez remarque cher lecteurs, chaque semaine il y a  un article abordant la chrétienté en Kabylie, le suicide, la violence dans les villages, etc. En plus, toute une sériée d’articles sur l’importation du vin et sur la prostitution, la mixité dans les cites universitaire et tous ce qui concerne la sexualité des algériens, les francophones et la conversions des chanteurs, etc. Un lecteur averti de ces articles, il se rend compte, qu’ils sont imprégné par la religiosité dogmatique, dangereuse et surtout par un esprit de populisme !  

 

Que leur ligne éditorial soit guidée par la pensée religieuse est leur droit, mais de juger et de diffuser des informations (souvent ne sont pas vérifier), de genre que la Kabylie est devenu un bastion de la religion Chrétien et que les leaders de la guerre de libération national Kabyles voulaient vider la Constitution Algérien de tout ce qu’est religion musulmane et d’autres discours de ce style, à mon point de vue, c’est une vraie dérive idéologique et ceci touche à la stabilité de la nation. Car cet esprit peut renforcer d’une part, le régionalisme et pousser les citoyens des autres régions à avoir une image faussée des kabyles et de la Kabylie en les considérants athées, occidentaux et laïcs. D’autre part, ceci renforce les berbéristes extrémistes à alimenter leur haine contre les arabes et tout ce qu’est en lien à sa civilisation.

 

Les lecteurs de ce quotidien constatent que certains articles sont rédigés sous forme de prêche, loin des règles professionnelles. Afin de traiter une information on doit la justifier par des preuves (statistiques, etc.) et en plus on demande l’avis des spécialistes[1] en la matière. Certes, on a le droit d’exprimer notre opinion mais qu’elle soit responsable. Une opinion qui peut aider les autres à comprendre un évènement ou une situation, mais pas de semer la division et le régionalisme. Une opinion pour clarifier un point de vu et ne pas de le noyer dans l’extrémisme.

 

On peut se poser la question sur l’éthique de journalisme. C’est fondamental que chacun devrait être doté par un esprit critique, mais aussi responsable. Nous aimons tous nos opinions, nous voulons tous que tout le monde pensent comme nous, mais l’autre n’a-t-il pas le droit d’exister ? N’a-t-il pas le droit d’être respecter ? Nous ne pouvons pas nous permettre d’accuser les sociétés occidentales d’être intolérantes envers nous, dès lors que ces derniers ne tolèrent pas les opinions différentes et blâment même, parfois sévèrement, leurs concitoyens qui font d’autres choix de vie.



[1] Des vrais spécialistes pas des pseudos spécialistes. 

Par Haddar Yazid - Publié dans : POLITIQUE
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