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PSYCHOLOGIE en ALGERIE

PSYCHOLOGIE en ALGERIE

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


Le malaise de quatrième mandat

Publié par Haddar Yazid sur 18 Avril 2014, 09:30am

L'élection présidentielle d'avril 2014 ne sera pas qu'une simple formalité, comme le prétendent « certains décideurs ». C'est inédit dans l'histoire algérienne, où le peuple et son élite manifestent clairement leur opposition à la réélection de l'actuel président, même au sein de ceux qui affichent leur adhésion au quatrième mandat publiquement, en privé, ils sont, selon certaines sources, hostiles ! Pour une fois l'ensemble des composantes de la société algérienne sont unanimes de l'incapacité de l'actuel président à gérer le pays et de la nécessité de transmettre le pouvoir à d'autres générations. Désormais, l'instabilité et le glissement vers la violence ne seraient plus du côté du peuple, mais plus du côté de ceux qui insistent et persistent sur le quatrième mandat de l'actuel président ! Certes, le débat devrait se concentrer sur le bilan des trois mandats, mais également sur le projet du quatrième mandat, qui semble inexistant, car la compagne électorale s'est focalisée uniquement sur les acquis et les réalisations inachevées de l'actuel président ! Nous savons que la démocratie est de façade dans notre pays, faire comme si nous y sommes, c'est une hypocrisie politique et sociale ! La réalité est une autre chose, car la constitution algérienne est pleine de lois, qui respectent les conventions internationales, mais au fond ces même-lois ont été vidées de leur substance par d'autres décrets et arrêtés de la loi qui contredisent les lois de la constitution algérienne ! De plus, les lois, en Algérie, s'appliquent selon l'interlocuteur ! Car le pouvoir juridique reste prisonnier du pouvoir exécutif et les séparations des pouvoirs ne sont que des idées utopiques inexistantes sur le terrain. L'état de droit est l'arbre qui cache la forêt en Algérie ! Le non respect de la loi d'en haut forcement renforce et fragilise l'Etat elle-même, ainsi, les institutions de l'Etat sont devenues à l'image de certains de leurs responsables, on peut trouver un dictateur avec des réactions excessives, comme on peut trouver un compétant impotent et désarmé de toutes décisions importantes.

Ceci dit, au-delà des arguments en lien avec son état de santé et au non respect de la constitution, s'ajoute l'argument du conflit de générations. « Nous avons dépassé les quatre-vingt ans, qu'attendez-vous de nous ? » s'interrogea, Ahmed Taleb El-Ibrahimi, cette interrogation vient d'un ancien ministre et ex-candidat aux élections présidentielles. Que pensent les jeunes générations algériennes ? En lisant quelques témoignages, mais également en écoutant et en discutant avec eux, et étant moi-même de cette génération : l'opinion publique, avec toute sa diversité politique, sociale et régionale, pour ne pas dire ethnique, partage la même opinion sur la question ! La deuxième république s'impose, d'une part par la fin biologique de la famille révolutionnaire et d'autre part par le projet de société qui s'impose. Nous ne sommes plus dans un projet de société, qui s'appuie sur les notions comme le nationalisme, les valeurs révolutionnaires ou authentiques, et parfois l'absence d'un projet sociale et politique est en corrélation avec l'instabilité institutionnelle, et qui ont été renforcées par les changements consécutifs des constitutions par chaque président. La stabilité institutionnelle ne viendrait que par des institutions fortes et indépendantes du pouvoir exécutif, mais aussi d'une opposition et d'une société civile active. Ainsi, la deuxième république s'inscrit dans la démarche de renforcer les valeurs citoyennes, l'indépendance et la stabilité des institutions, en donnant aux citoyens l'autonomie de choisir, d'être responsable de leur Etat et pas des sujets de dirigeants oligarchiques.

Au fond, la révolution des oligarchiques Algérienne n'est pas de transmettre le pouvoir à la nouvelle génération, mais sa révolution est dans le maintien du statu quo ! L'intérêt n'est pas pour la nation et à l'avenir des générations futures, mais il est bel et bien dans « la maladie du pouvoir », avec tous ses symptômes (la corruption, le népotisme, l'incompétence, etc.). Les lettres interposées adressées au peuple algérienne et celles adressées aux présidents et ex-dirigeants, le mouvement « Barrakat » et les appels au boycott peuvent-ils changer les données ? Vont-ils secouer quelques esprits imbus? L'Histoire est en marche, il est tôt pour en parler, car actuellement on le vit.

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