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La Psychologie en Algérie

La Psychologie en Algérie

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


Quand l’Islam porte sa croix ?

Publié par Haddar Yazid sur 27 Septembre 2014, 15:16pm

Il n’est plus étonnant de voir les mouvements comme celui de Daech (l’acronyme arabe de l’Etat Islamique en arabe), qui sème la terreur dans les entrailles de la population des pays touchés, conquit les villes, sans réelle résistance, et impose la « loi religieuse », tant idéalisée par les fidèles acharnés. Ce mouvement n’est qu’une partie visible de l’iceberg des mouvements fanatiques, qui nichent dans les pays qui ne prenaient pas de résolution pour faire face à ce phénomène. Ce dogme ne date pas d’aujourd’hui, il est le fruit d’un enchainement de facteurs endogènes à la culture religieuse et exogènes pour contrôler la manne pétrolière ! Ces mouvements fanatiques ont mis en pratique tout un système pour observer ses recommandations, comme nous l’avons déjà observé en Algérie dans les années 90, en Afghanistan, dans le nord du Mali, en Somalie, en Syrie, en Lybie, en Egypte, avec des crans variables, cependant, le dogme reste le même, c’est-à-dire, le mythe « d’un Etat Islamique ». En procédant, de la même manière, vider les populations qui font les différences (l’altérité), détruire les traces historiques des autres civilisations, etc., et enfin imposer par la suite des « lois totalitaires ». Toutes les méthodes sont « hallal » pour atteindre l’objectif. Ils s’adaptent au modes de gouvernances, dans un monde vidé de l’autorité, de la spiritualité et/ou les idéologies politiques sont épuisées, désormais, ils incarnent un idéal de « justice divine » pour les personnes désorientées !

Si Daech, comme le prétend certains intellectuels, est une création des pays occidentaux, ces accusations seraient grave pour les pays arabe et non pour les pays occidentaux, car on ne peut pas les accuser de sauvegarder leur intérêt ! Cependant, pourquoi les finance-t-ils ? Pourquoi leur ouvre-t-on des espaces pour leurs prêches mortifères, par les chaînes télés pour propager leurs doctrines et leurs affreuses images barbares d’un autre âge ? D’où épuisent-t-ils leur dogme, n’est-ce pas dans les ouvrages et les prêches diffusés (CD, cassettes audio, etc.) dans certains milieux de cultes et dans certains espaces culturels ! C’est facile d’être victime de son histoire sans l’incarner ! Nous sommes victime de ce que nous ne faisons pas. Si certains musulmans se sentent victimes de la manipulation des occidentaux, ceci ne serait que le résultat de leur démission, car ils n’espéraient pas aux changements, ils ne voudraient pas prendre la responsabilité de leur histoire, ils préfèrent la subir que de la construire ! L’ensemble des mouvements dites de la révolution, où le « printemps arabe », n’est que des révoltes, qui réclament de partager « les bénéfices de la manne » et de la dignité légitime. Cependant, pas d’un Etat de droit, pas des institutions fortes, pas de séparation des pouvoirs, etc. Est-ce par ignorance ou par la lâcheté ?

Ceci dit, tant que l’Islam est entre les mains des fanatiques, la religion musulmane renverra l’image d’une religion déshumanisante. Tant que les fanatiques parleront au nom de l’Islam les mythes « apocryphes » resteront des rêves à réaliser et un idéal à suivre ? Combien de temps fallait-il pour que les musulmans réagissent ? Pas rabâcher les mêmes discours sur les siècles des lumières, incarnés par l’Andalouse, mais des nouvelles pensées qui intègrent l’évolution de l’Homme moderne (universel) et elles peuvent donner un souffle marquant pour les générations futures, sur quoi les musulmans peuvent construire des Etats de droit. Le problème aujourd’hui, écrit Réda Malek, ancien premier ministre algérien, n’est pas de produire des penseurs pieux, avides de défendre l’islam en mettant en relief ses valeurs humanistes, civilisationnelles, universalistes, etc., mais d’accéder à une pensée qui se pense elle-même, une pensée qui évolue dans sa sphère propre, une pensée autonome qui pense dans le radical et qui travaille dans le fondamental. Il n’est pas question de substituer une doctrine complète au Coran, mais de laisser à l’esprit humain la latitude d’interpréter le monde et de proposer des solutions de fond aux problèmes de l’existence et de la vie sociale.

A quand un Islam qui intègre dans son dogme, la non supériorité sur les autres religions et que « le salut » existe dans les autres confessions et qu’il est une voie comme d’autre religion monothéiste ou autres ? A quand un Islam qui pratique « la tolérance active », c’est-à-dire pas uniquement dans les discours mais dans les pratiques quotidiennes. A quand un Islam, qui profiterait de l’évolution des sciences humaines, pour tamiser les mythes cultivés durant des siècles, afin d’exercer la pensée critique aux textes sacrés et à la tradition religieuse? A quand une lecture rationnelle des textes religieux et pas une lecture guerrière ? Ce sont l’ensemble des questions et d’autres qui restent suspendues, sans prendre le courage suffisant pour les débattre, lorsqu’ils en échangeront, nous parlerions d’une révolution, mais en attendant, le chemin de croix s’annonce douloureux et pourrait perdurer quelques années, si ce n’est pas des siècles.

Yazid HADDAR

Psychologue et auteur.

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Groupe de parole à visée thérapeutique 14/10/2014 07:02

Je vous approuve pour votre recherche. c'est un vrai travail d'écriture. Poursuivez

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