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La Psychologie en Algérie

La Psychologie en Algérie

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


Journalisme : des mots et des maux !

Publié par Haddar Yazid sur 20 Décembre 2014, 09:15am

Le débat sur l’éthique dans la presse est toujours d’actualité. L’absence d’un consensus entre les journalistes, les premiers concernés, d’une part et d’autre part la volonté du pouvoir publique d’en trouver «une plate forme commune» entre les journalistes sont remis à la surface du débat publique. Ainsi, l’actuel ministre de communication ne cesse aborder la question de l’éthique journalistique dès son arrivé au poste.

Cependant, les journalistes sont très méfiants, à l’égard du pouvoir central, ce qui est tout à fait justifiable d’un point de vu éthique. Car «le pouvoir» n’a eu guère la volonté d’assurer un espace de liberté, en témoigne son attitude vis-à-vis de l’opposition politique qu’il veut à tout prix affaiblir.

Le cas d’Algérie n’est pas néanmoins pas spécifique, car la liberté d’expression est l’un des fondements d’un régime démocratique. Elle constitue donc naturellement une menace pour un pouvoir qui veut tout contrôler. Pour autant les journalistes algériens n’ont pas réussi, de leur part, à trouver un terrain d’entente pour élaborer une charte commune d’éthique et de déontologie comme cela existe ailleurs.

Or le journalisme, comme dans d’autres champs sociopolitiques, les idéologies et les dogmes fragilisent les possibilités d’une convergence vers un projet commun.

En Algérie, le pouvoir ne veut pas lâcher le contrôle sur la publicité (l’Agence nationale d’édition et de publicité (ANEP) et l’impression (les sociétés étatiques d’impression). De même que les services des impôts se mobilisent, comme par hasard, dès qu’il y a un titre de presse mène des enquêtes ou des débats qui ne sont pas au goût du pouvoir politique «occulte».

 

Ceci dit, ces derniers sont utilisés comme un levier public de pression pour faire taire les opinions critiques à la politique suivie pour le gouvernement et les forces politico-financière opaques, qui l’entourent.

 

La manne publicitaire est distribuée selon les goûts du pouvoir qui arrose généreusement sa clientèle médiatique.

 

Les débats sur l’éthique ne sont qu’un arbre qui cache la forêt du dysfonctionnement des pouvoirs (législative, juridique et exécutif) en Algérie. Nous sommes très loin de la transparence des institutions et de la liberté d’accès aux sources de l’information. Le dernier exemple en date, est l’hospitalisation du Président où l’agence nationale de la presse (APS) n’en a pipé mot pendant que les médias français et les chaînes d’informations diffusaient en boucle les détails de cette évacuation. (Une information confirmée par le premier Ministre lors d’une conférence de presse à Paris).

Pour éviter d’être montré du doigt dans les rapports internationaux sur la liberté d’expression, le pouvoir algérien a voulu montrer des pattes blanches, en réformant les lois sur l’information, en créant une journée pour la liberté d’expression.

La méthode est toujours la même : Pour noyer « le poisson » il faut multiplier les moyens de le noyer ! C’est-à-dire, pour museler la presse ou la liberté d’expression, on multiple des lois, pour en créer, en parallèles, d’autres «officieusement».

Par ailleurs, le pouvoir encourage les réflexes «opportuniste» des journalistes fragilisés déjà par leur condition socio-économique et met la pression sur les journalistes qui résistent.

Cependant, ces pressions n’émanent pas d’une institution Etatique, elles sont socioculturelles. Elles sont menées y compris par leurs confrères ! Quand des titres de presse mènent des compagnes médiatiques contre les athées, ou les non pratiquants etc…

Une compagne au nom des valeurs religieuses, ceci développera chez l’élite, comme chez le journaliste l’autocensure ! Or, la pire des choses contre la liberté d’expression : «c’est quand on s’interdit d’exprimer ses idées et de dire des choses, qui pourraient heurter l’opinion publique ! ». Le débat sur le film «l’Oranais» de Lyes Salem, montre que la pression n’émane plus d’un pouvoir politique, mais plus d’un pouvoir religieux. Le pouvoir algérien a laissé développer une culture religieuse fanatique, qui est entrain de dévorer toutes les différences culturelles et idéologiques existantes. Pourtant, dans la constitution algérienne il n’ y est pas interdit d’être un athée ou d’avoir d’autres convictions religieuses.

Il vrai que certains titres de presse sont dans la culture purement financière, où les conditions socioéconomiques des journalistes sont mises en second plan ! Parfois, certains journalistes n’arrivent pas rejoindre les deux bouts…

Ceci dit, le journalisme a été, et il est, un pouvoir pour susciter des débats et accompagner les changements de la société et l’éthique est la ligne de conduite, qui préserverait la liberté d’expression, mais surtout qui assurera une évolution vers un Etat démocratique.

 

Journalisme : des mots et des maux !

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