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La Psychologie en Algérie

La Psychologie en Algérie

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


Réformismes, islamismes et libéralismes religieux*

Publié par Haddar Yazid sur 20 Février 2015, 22:31pm

Malika Zeghal

Un nouvel intérêt pour les intellectuels marque la sociologie de l’islam contemporain depuis les années 1990. Les intellectuels islamistes ont fait l’objet de nombreuses études (Kepel et Richard, 1990), mais de nouveaux travaux ont aussi montré plus récemment le développement de courants intellectuels qui prennent pour objet l’islam pour le redéfinir à l’encontre des idéologies islamistes et en continuité avec des tendances intellectuelles plus anciennes que les chercheurs ont qualifiées de « modernistes », « libérales » ou « réformistes » (Filaly, 2003 ; Roussillon, 2005). Des noms connus depuis longtemps, tels que ceux de Nasr Hamid Abu Zayd, Khaled Abu El-Fadhl, Fatima Mernissi, Norchulis Majid, Abdelkarim Soroush, signalent aujourd’hui bien plus qu’un ensemble de penseurs individuels. À ces individualités se sont en effet ajoutés plus récemment d’autres noms, moins connus, mais tout aussi intéressants et novateurs : Amina Wadud, Omid Safi, Farid Esack… Ils se décrivent explicitement comme musulmans ou de culture musulmane, et viennent, par leurs écrits et leurs interventions publiques, offrir des réinterprétations critiques et réformistes de l’islam. Le renouveau d’intérêt académique pour ce groupe sociologique se double d’un intérêt médiatique et politique qui évalue de manière positive une réforme de l’islam que de nombreux observateurs appellent de leurs vœux en la qualifiant de « nécessaire », fréquemment dans une optique de « démocratisation » du monde musulman2. On lit souvent, dans ces développements médiatiques, une dichotomie caricaturale entre l’islamisme, la légitimation de l’usage de la violence au nom de l’islam, l’autoritarisme d’un fondamentalisme incompatible avec l’individualisme et la démocratie d’une part, et une réforme qui individualise le rapport à l’islam et le libéralise pour le fondre dans la « démocratie » d’autre part. La réforme est aujourd’hui souvent désirée, célébrée et esthétisée par la mise en avant publique des figures intellectuelles qui la portent. Dans de nombreux cas, en réaction au fondamentalisme musulman, les pouvoirs publics et/ou les médias offrent des structures d’opportunités nouvelles à ces intellectuels qui disposent d’une plus grande visibilité aujourd’hui et qui convergent avec ces appels à un libéralisme musulman d’un nouveau genre par rapport aux répertoires de l’« âge libéral » (Hourani, 1962) du début du xxe siècle.

Un nouvel intérêt pour les intellectuels marque la sociologie de l’islam contemporain depuis les années 1990. Les intellectuels islamistes ont fait l’objet de nombreuses études (Kepel et Richard, 1990), mais de nouveaux travaux ont aussi montré plus récemment le développement de courants intellectuels qui prennent pour objet l’islam pour le redéfinir à l’encontre des idéologies islamistes et en continuité avec des tendances intellectuelles plus anciennes que les chercheurs ont qualifiées de « modernistes », « libérales » ou « réformistes » (Filaly, 2003 ; Roussillon, 2005). Des noms connus depuis longtemps, tels que ceux de Nasr Hamid Abu Zayd, Khaled Abu El-Fadhl, Fatima Mernissi, Norchulis Majid, Abdelkarim Soroush, signalent aujourd’hui bien plus qu’un ensemble de penseurs individuels. À ces individualités se sont en effet ajoutés plus récemment d’autres noms, moins connus, mais tout aussi intéressants et novateurs : Amina Wadud, Omid Safi, Farid Esack… Ils se décrivent explicitement comme musulmans ou de culture musulmane, et viennent, par leurs écrits et leurs interventions publiques, offrir des réinterprétations critiques et réformistes de l’islam. Le renouveau d’intérêt académique pour ce groupe sociologique se double d’un intérêt médiatique et politique qui évalue de manière positive une réforme de l’islam que de nombreux observateurs appellent de leurs vœux en la qualifiant de « nécessaire », fréquemment dans une optique de « démocratisation » du monde musulman2. On lit souvent, dans ces développements médiatiques, une dichotomie caricaturale entre l’islamisme, la légitimation de l’usage de la violence au nom de l’islam, l’autoritarisme d’un fondamentalisme incompatible avec l’individualisme et la démocratie d’une part, et une réforme qui individualise le rapport à l’islam et le libéralise pour le fondre dans la « démocratie » d’autre part. La réforme est aujourd’hui souvent désirée, célébrée et esthétisée par la mise en avant publique des figures intellectuelles qui la portent. Dans de nombreux cas, en réaction au fondamentalisme musulman, les pouvoirs publics et/ou les médias offrent des structures d’opportunités nouvelles à ces intellectuels qui disposent d’une plus grande visibilité aujourd’hui et qui convergent avec ces appels à un libéralisme musulman d’un nouveau genre par rapport aux répertoires de l’« âge libéral » (Hourani, 1962) du début du xxe siècle.

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