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PSYCHOLOGIE en ALGERIE

PSYCHOLOGIE en ALGERIE

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


L'enfant algérien est-il victime de la culture de la violence ?

Publié par Haddar Yazid sur 5 Mai 2015, 08:24am

Nous ne réfléchissons plus sur les évènements qui nous assomment, nous n'essayons pas de les comprendre (la violence, les crimes), mais nous les moralisons par la religion ! Absurde ! La religion ne pourra pas répondre à tous les faits sociaux, car la société est en évolution : ses codes, ses règles, son organisation sont perpétuellement en mutation, cependant, certains religieux refusent d'accepter ces changements, ils ne veulent pas les intégrer dans leur réflexion.
Ceci montre l'insuffisance et l'impossibilité qu'un religieux a de répondre à tous les problèmes de la société. Les médias, qui s'amusent à associer le religieux à chaque évènement social, dérive, sans qu'ils mesurent le danger qui guette la république. Ces dérives, consécutives, auront des conséquences tangibles et durables sur le quotidien du citoyen !
Les images qui ont secoué les internautes et les téléspectateurs d'un jeune enfant jeté en « pâture » aux chiens ! C'est horrible comme image et traumatisante pour l'enfant qui vit l'évènement. Les enfants sont-ils devenus comme des objets à jouer pour les adultes (grands enfants) ? Quelle régression ! Les parents et les « adultes » peuvent-ils justifier ce comportement criminel ? La loi pourra-t-elle répondre à ce genre de culture violente ? Le parquet d'Oran vient d'ouvrir une enquête concernant cette affaire, mais qu'y aura-t-il comme suite ? La prison ! Condamnation à mort ! Des lois répressives ! Moralisation de ces individus ! Nous sommes devant un phénomène qui se banalise, sans avoir des initiatives porteuses de solutions sur la durée et pas uniquement des effets de communication !
Quelles sont les conséquences de la maltraitance infantile sur le plan social ? La recherche scientifique fait depuis longtemps directement le lien entre maltraitance et problème de santé tant physique que psychique, entre maltraitance et exclusion sociale et même entre maltraitance et criminalité. De nombreuses études démontrent que les violences et autres maltraitances sur les enfants ont des conséquences redoutables autant sur le plan personnel en termes de troubles psychotraumatiques, troubles graves de la personnalité, états dépressifs, conduite addictives, troubles somatiques variés, que sur le plan social en termes d'exclusion ou d'inadaptation, chômage, pauvreté, échec scolaire, coût de santé publique, criminalité. Des recherches démontrent également que les enfants violés et maltraités et ceux qui présentent des troubles psychologiques précoces, comme le trouble de conduite, sont en risque de devenir délinquants. Ils pourraient bénéficier d'un accompagnement précoce et adaptée, qui ne consiste en aucun cas à les réprimer de plus en plus sévèrement. Que faire ? La solution n'est pas dans les réponses répressives et la moralisation religieuse, elle est dans une démarche scientifique pour mieux comprendre en amont les éléments déclencheurs de cette culture de la violence, et en aval élaborer un plan d'intervention qui respecte et intègre les facteurs endogènes, exogènes de la société et le facteur de la mutation sociale. Il est vrai que la réduction des espaces de liberté, l'absence de l'ordre et de l'éthique de l'exercice politique, et l'instauration de l'hypocrisie sociale comme mode de fonctionnement, ont largement contribué à la dégradation de la situation et au renforcement de la culture de la violence. Or les politiques sociales menées à ce jour ont montré leurs limites. Il est temps d'appeler les spécialistes en sciences humaines, sociales, psychologiques et médicales pour réfléchir sur la question et pas pour la moraliser.

Yazid HADDAR
* Psychologue.

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