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PSYCHOLOGIE en ALGERIE

PSYCHOLOGIE en ALGERIE

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


La violence et les sciences humaines en Algérie

Publié par Haddar Yazid sur 26 Mai 2015, 21:45pm

"La seule manière de sortir de la violence consisterait à prendre conscience des mécanismes de répulsion, d'exclusion, de haine ou encore de mépris afin de les réduire à néant grâce à une éducation de l'enfant relayée par tous" F. Héritier

La violence n’est pas une fatalité, elle est l’expression d’un malaise socioculturel. La violence est l’aboutissement de l’absence d’une politique sociale et culturelle dans notre société. La violence est la finalité de laisser-aller et l’absence d’une éthique politique. Doit-on croiser les bras et attendre le miracle qui viendra, du nulle part, afin de nous sauver de ce phénomène, qui gangrène l’ensemble des institutions et les populations de notre pays ? Aujourd’hui la violence n’est pas une question de délinquance ou les violences des stades, mais elle est présente sur l’ensemble des institutions de l’état et de la famille. Les chiffres sont, de plus en plus, alarmants, car comment peut-on expliquer la recrudescence de la violence dans nos écoles, nos facultés, nos cités, etc. ? Le mal est déjà fait ! Profond et inquiétant. L'urgence d'une réflexion appropriée et d'une prise en charge rapide se fait sentir.

La solution, comme nous l’avons déjà écrit à multiples reprise, n’est pas dans les lois répressives, mais dans une vision globale d’un projet de société. Sans les spécialistes en science humaine et sociale (psychologues, sociologues, criminologues, anthropologues, etc.) il n’y aurait guère de solution durable. Ils sont les seules spécialistes, qui peuvent proposer des pistes du travail et qui peuvent agir en amant et pas uniquement en aval. Il est important de revoir notre architecture urbaine et globalement la politique urbaine, qui ne prend pas en considération les démentions sociologique et culture de la culture locale. L’absence d’un projet de société aggrave de plus en plus l’orientation de notre société. Il s’agit d’un projet durable sur plusieurs générations, cependant, nos politiques sont envahis par les problèmes immédiats, sans y avoir la possibilité de s’y projeter sur un projet d’avenir.

La violence nous la subissons au quotidien, mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras, pour céder la place à l’anarchie et "la mendicité intellectuelle", qui se traduit par le copier-coller des projets des autres nations, sans réflexion et sans respect des codes socioculturels locaux. Brisant les tabous, car la violence, comme nous l’avons souligné plus haut, est le fruit de la maladie socioculturel et sociopolitique. On devrait interroger nos codes socioculturels et nos politiques de gouvernance et de les soumettre à l’esprit critique et/ou de les déconstruire, en sens derridienne, afin de les construire sur des bases nouvelles en intégrant la pensée moderne dans son sillage. Réfléchir sur les faits socioculturels à partir des bases théologiques moyenâgeuses serait une erreur et elle aurait des conséquences irrémédiables sur plusieurs générations.

Il me semble que les politiques algériens ont abandonné les sciences humaines et sociales dans leurs politiques socioculturelles. Former des compétences dans ces domaines, pour qu’ils nous éclaircissent sur ces phénomènes et pour que nous puissions les comprendre, est fondamentale pour trouves des issus à cette violence qui ne cessent de prendre des ampleurs non contrôlables. Il est important de signaler que la violence peut déstabiliser les institutions de l’Etat et les mettre en péril, prendre des mesures répressives ou moralisatrices n’abouteraient pas à une solution durable ni au niveau du temps, ni au niveau de l’espace. Enfin, la violence, comme l’a écrit l’anthropologue Françoise Héritier, n'est pas innée chez l'homme. Elle s'acquiert par l'éducation et la pratique sociale. La solution est, donc, dans les sciences humaines et sociales et non pas dans les pratiques dépassées !

Yazid Haddar

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