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PSYCHOLOGIE en ALGERIE

PSYCHOLOGIE en ALGERIE

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


Les maternités pourvoyeuses d’infirmités évitables 4000 nouveaux-nés sont susceptibles de présenter un risque de handicap

Publié par Haddar Yazid sur 5 Décembre 2015, 11:00am

Un enfant sur deux né prématuré évolue vers un risque d’infirmité motrice cérébrale. Les maternités où l’on enregistre des dizaines d’asphyxies périnatales, la grande prématurité, les plexus brachiaux, etc., sont pourvoyeuses de handicaps à cause de la surcharge et du manque de moyens humains et matériels.

Des millions de cas de handicap sont évitables aujourd’hui grâce à la prévention et au dépistage précoce. C’est le mot d’ordre des professionnels de la santé et de la Fédération nationale des personnes handicapées (FAPH) lancé à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des personnes handicapées, le 3 décembre de chaque année. «Il est temps d’arrêter de produire des handicapés», s’écrie Mme Atika El Mameri, présidente de la FAPH. Les maternités sont pointées du doigt et sont considérées désormais comme pourvoyeuse de handicaps.

Le manque de coordination des professionnels, l’absence d’organisation du parcours de soins de la femme enceinte et lors de l’accouchement, le manque de moyens matériels et humains au niveau de ces structures sont autant de contraintes pour un accouchement dans les conditions les plus normales possibles. La Fédération algérienne des personnes handicapées a justement mis l’accent sur cette problématique à travers un travail effectué au sein des structures de l’Algérois, dans le cadre du projet pour la promotion des droits des personnes en situation de handicap en Méditerranée, pilotée par quatre pays (Algérie, Tunisie, Liban et France).

Ce projet a pour objectif le dépistage effectué par la partie Algérie.
C’est ainsi que la Fédération a mené une campagne de sensibilisation auprès des professionnels de la santé dans 12 structures de (maternité, pédiatrie, pédopsychiatrie). Des cycles de formation ont été initiés pour 900 professionnels encadrés par des experts étrangers dans le but, précise Karima Yacef vice-présidente de la Fédération, de promouvoir la pluridisciplinarité et d’anticiper sur les choses. «Un bébé en souffrance fœtale doit être pris en charge dans l’immédiat.

Ce n’est pas normal d’évacuer des nouveaux-nés en souffrance d’un centre à un autre à la recherche d’une couveuse», a-t-elle souligné, en déplorant qu’Alger compte un service de néonatologie. Mme Yacef regrette que les capacités des structures, notamment les maternités, sont aujourd’hui insuffisantes pour prendre en charge tous les accouchements. C’est pourquoi on compte aujourd’hui 3500 nouveaux-nés à risque chaque année, dans la capitale seulement, qui malheureusement atterrissent dans des structures de réadaptation mais à des stades souvent tardifs.

Mme Yacef tire donc la sonnette d’alarme sur ces handicaps organiques et leurs conséquences psychomotrices en relation avec la grossesse, au cours du travail et de l’accouchement. L’absence de réanimation fœtale, l’absence de pédiatre ou son arrivée tardive, l’absence de matériel adéquat pour le suivi du travail lors de l’accouchement (enregistrement cardiographique du fœtus pendant le travail), la surcharge des lits d’hospitalisation dans les maternités des CHU, l’absence de hiérarchisation des priorités et de protocoles de bonnes pratiques, le manque d’organisation des soins sont, entre autres, les causes d’accident pendant l’accouchement.

Pour la FAPH, il est temps de remédier à ces dysfonctionnements en mettant en place une série de mesures, dont la coordination de professionnels de la santé, la formation continue de tous les intervenants en salle de naissance pour la réanimation du nouveau-né, la formation des professionnels de la petite enfance à l’annonce du handicap et l’accompagnement des familles, l’instauration d’une évaluation des pratiques en vue de leur amélioration.

L’équipement des structures d’accouchement périphériques en moyens matériels et les ressources humaines pour optimiser les accouchements à risque au niveau des CHU est une urgence, insiste Mme Yacef, en plaidant pour la sectorisation des maternités afin de cerner les problèmes et définir les situations à risque. Et de rappeler que la FAPH contribue, à travers les formations dans le cadre de son projet, à l’amélioration de la prise en charge des naissances dans les maternités. Un nouveau cycle de formations au profit des sages-femmes et des personnels chargés de la petite enfance sera lancé partir de janvier 2016. «Il y a aujourd’hui une prise de conscience au niveau de ces structures et les équipes commencent à adopter de nouvelles pratiques.

Ce qui est pour nous un grand acquis mais beaucoup de choses restent à faire», a ajouté Mme Yacef Pour la FAPH, il est temps de mettre en place une structure de prise en charge pluridisciplinaire des nouveaux-nés à risque de 0 à 3 mois. Un service-pilote qui se chargera du dépistage et de la prise en charge précoces de ces bébés à risque à Alger pour le suivi ambulatoire dans un premier temps de 200 enfants en territoire sectorisé.

Ce projet, initié par la FAPH en coordination avec l’ONG Santé Sud, accueillera des nouveaux-nés présentant un risque d’anomalies du développement ou l’existence d’un diagnostic précoce d’anomalie clinique. Ces bébés bénéficieront, signale Mme Yacef, d’une prise en charge complète et harmonisée. L’objectif à long terme, a-t-elle ajouté, est de créer progressivement un réseau de structures de dépistage, de prévention et de prise en charge précoce des nouveaux-nés à risque sur tout le territoire national et de former leurs professionnels dans le service-pilote d’Alger. 

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