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PSYCHOLOGIE en ALGERIE

PSYCHOLOGIE en ALGERIE

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


«L’édition du manuel ne sera plus entre les mains du ministère de l’Education»

Publié par Haddar Yazid sur 8 Janvier 2016, 23:05pm

Farid Benramdane. Conseiller au ministère de l’Education et membre de la commission des programmes

Quels sont les principaux obstacles auxquels vous faites face dans la révision des programmes scolaires ?

La loi d’orientation scolaire stipule qu’il faut aller vers la suppression du monopole de l’Etat, c’est ce que Mme la ministre de l’Education est en train de réaliser. Cette année, le ministère de l’Education va libérer le manuel scolaire à travers des appels d’offres et un ensemble de conditionnalités. C’est un défi que nous nous devons de relever. Il faut dire que c’est quelque chose qu’on ne maîtrise pas en Algérie et que les gens doivent maintenant prendre l’habitude de travailler sur des appels d’offres.

Bien sûr, il y a des résistances liées à des enjeux sociopolitiques, mais les choses vont dans le bon sens. La réglementation est en train de changer progressivement. Des formations sur la conception des manuels sont tenues régulièrement. Et les dispositifs nécessaires pour cette démarche seront bientôt mis en place. Dorénavant, les éditeurs devront payer les droits d’auteur, car nous escomptons mettre fin au règne de l’anonymat dans les manuels scolaires.

- L’introduction des grands noms de la littérature algérienne est l’une des nouveautés…

Nous prévoyons, en effet, l’introduction de près de 80% de textes d’auteurs algériens, cela paraît simple mais il y a des enjeux monstres. Pour une fois, le patrimoine culturel algérien va entrer dans le système éducatif dans la pluralité de ses langues (arabe, tamazight, français) et de toutes les périodes : antiquité, moyen-âge, contemporaine. Pour nous, cela est un acte symbolique car il faut travailler sur l’imaginaire national. Le fait d’introduire 80% d’auteurs algériens vaudra à ces derniers des droits d’auteur. C’est un marché qui servira à booster la littérature algérienne d’expression arabe, française et amazighe.

- Y a-t-il des dysfonctionnements dans les contenus des manuels tels qu’ils ont été élaborés ?

En 2001, une citation du Prophète introduite dans le manuel d’éducation religieuse de la cinquième année primaire selon laquelle «Abwab el djana taht thilal el souyouf» (Les portes du paradis sont à l’ombre des épées) a fait des dégâts qu’on ne peut pas imaginer. Pour que l’Etat se délaisse du monopole sur l’édition des manuels, il est absolument nécessaire qu’il y ait une commission d’homologation installée au niveau du ministère de l’Education nationale.

Elle se chargera aussi de la conception du cahier des charges. Désormais, l’édition ne sera plus entre les mains du ministère de l’Education, comme cela se fait partout dans le monde. Il ne faut pas qu’il y ait un manuel unique, mais un appel d’offres pour plusieurs livres scolaires. Ce sera ensuite à l’enseignant de faire son choix. Nous allons donc vers une libération du manuel scolaire. Aujourd’hui, les manuels sont désincarnés, aseptisés et manquent d’ancrages anthropologiques. Aussi est-il important de travailler sur un aspect essentiel et oublié jusque-là dans les livres scolaires : l’algérianité.

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