Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

PSYCHOLOGIE en ALGERIE

PSYCHOLOGIE en ALGERIE

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


La société civile existe est-elle ?

Publié par Haddar Yazid sur 20 Septembre 2009, 15:22pm

Catégories : #POLITIQUE

« On ne peut pas gouverner comme ça au XXI siècle. Si ça continue, on va dans le mur ».

Un citoyen.

 

Qu’arrivent-ils aux Algériens ? Sont-ils devenus inertes devant cette anarchie ? Sont-ils conscients de leur vie désordonnée ? Si oui, pourquoi n’arrivent-ils pas à s’organiser ? Pourquoi L’Algérie est-elle passée du modèle espagnol des années soixante-dix au modèle de la grande anarchie égyptienne actuelle ? Quel est le rôle de la société civile ? Ce que nous vivons au quotidien est alarmant. L’absence d’autorité de l’Etat se fait sentir à tous les coins du pays, dans toutes les institutions de l’Etat : au sein de l’administration, dans la rue, sur les marchés, dans les hôpitaux, au niveau des taxis, etc. Que font ces ministres qui nous font croire qu’ils maitrisent tout ? Cette prétention est un réel handicap pour l’évolution de notre société. Où sont ces partis et ces associations qui prétendent dire la vérité ? Où sont ces personnalités politiques qui se réclament porteuses d’un nouveau projet ? Des projets de quoi et à qui s’adressent-ils ? Existe-t-il réellement des organismes qui peuvent amortir les souffrances des Algériens ? Lorsqu’un citoyen a des problèmes dans son pays, que doit-il faire ?

 

Les débats entre Algériens sur les forums du net reflètent le malaise qui persiste entre Algériens, mais aussi un débat de sourds où chacun maintient sa position, chacun accuse l’autre sans se remettre en question. Arabophone contre francophones, laïques contre religieux. Les religieux accusent toutes nouvelles idées d’occidentalistes, etc. Cependant, trouver un consensus et réconcilier toutes ces divergences et ces plaies nécessitent un travail de titan qui peut s’étendre sur plusieurs générations. En attendant, beaucoup d’élites préfèrent prendre la valise pour épargner leurs enfants de cette décadence. Ce qui aggrave et prolonge un peu plus la situation. Selon Mustapha Lacherf, « l’instrument par excellence de la catastrophe algérienne de longue durée dans tous les secteurs de l’activité humaine n’est autre que le système éducatif dégradé, schématisé, réduit à un simulacre naïf depuis une trentaine d’années parce qu’on introduit l’idéologie de la médiocrité et de l’arrivisme facile et d’idéologie tout court ».C’est l’une des raisons qui poussent les élites à quitter le pays.

 

Il existe dans des sociétés mieux organisées des associations qui travaillent pour venir en aider aux personnes en difficultés, pour défendre les minorités et les opprimés, les sans-logements, les sans-domiciles fixes, etc. Il existe aussi, dans ces sociétés, des espaces pour les débats publiques sur des lois qui touchent le quotidien. Des manifestations, des pétitions, des débats de société sont organisés par des associations politiques ou autres, voire même par la presse nationale. Ceci dit, ces associations sont autonomes, indépendantes du pouvoir central. Certes, elles sont subventionnées par l’Etat mais en aucun cas les agents de l’Etat peuvent intervenir dans la gestion de ces associations. Si c’est le cas, il sera dénoncé par la presse. De plus, dans cette presse, il y a des tribunes libres ouvertes à tout le monde. Ceci existe dans des sociétés qui se respectent et qui respectent leurs citoyens. Des lois garantissent la liberté d’expression et de rassemblement. Tous les citoyens sont égaux devant la loi. Malheureusement, dans notre pays, c’est la loi de la jungle. Des lois existent mais s’appliquent au gré des humeurs de ses représentants. C’est le cas de jeunes qui n’ont pas respecté la pratique religieuse durant le mois du ramadhan à Sétif et à Alger. Ceci est uniquement ce que la presse rapporte, or il existe des cas non médiatisés. Dieu sait qu’ils sont nombreux ! Où sont les représentants de la société civile et les personnalités politiques influentes quand il s’agit du non-respect de la loi ? Tout ce qui touche notre Etat a des répercussions sur notre vie au quotidien. La société doit être active, elle doit réagir à tout ce qui la touche de loin ou de près, mais il faut avant tout qu’elle soit organisée. Or, l’Algérien est connu pour est indiscipliné et manquer d’organisation. Quand on regarde sur les écrans aux Etats Unis les débats suscités pour l’instauration d’un système de sécurité sociale, ceci nous revoie l’image que nous sommes des citoyens impuissants, incapables d’avancer, de sortir de notre petit confort et de nous confronter à notre propre handicap. Nous rejetons souvent la responsabilité sur les autres et on se refugie dans nos convictions sans prendre aucune mesure pour faire face, nous croisons les bras et nous attendons le messie ! Notre société est-elle en panne ou est-elle impuissante devant l’injustice, les népotismes, la corruption à grand échelle et les pratiques autoritaires ?

 

On sait que le concept de la société civile est récent dans notre société et pourtant il fut un temps où elle existait plus au moins. Selon le sociologue Nacer Djabi dans son dernier ouvrage : « Algérie, Etat et Elite », il constate que cette terminologie a été introduite par la presse francophone et qu’elle a été largement diffusée ensuite par l’ensemble des titres de la presse, par les politiques et les partis politiques. Avant, la notion de citoyenneté n’était pas introduite dans l’imaginaire collectif. Car les politiques au pouvoir ne demandaient pas l’avis du peuple, ils pensaient que le peuple n’étaient pas assez mature pour exercer ses droits. Ainsi, ils se permettaient (ils se permettent encore) de penser à la place du peuple. Cependant, pour construire un Etat fort par ses institutions et ses hommes, il faut d’abord introduire la culture de citoyenneté et de responsabonsabilité dès le jeune âge. De plus, les répresantants de la loi doivent donner l’exemple. Or, comment voulez-vous que les citoyens respectent la loi lorsque ses représentants ne respectent même pas un iota de la Constitution ? Pour preuve : un ex-ministre détourne 3000 milliard de centimes sans aucune poursuite judiciaire, aucune enquête. Quel exemple ! Quelle moralité ! Les exemples d’autres hauts fonctionnaires cités plusieurs fois dans la presse nationale dans les affaires de corruptions et détournements d’argent ne manquent pas. Le plus exaspérant est que ces affaires font la une de la presse mais que le pouvoir public ne donne aucune suite ! Pas plus que la société civile ! Personne ne bouge, comme si c’était une fatalité, c’est le maktoube comme on dit ! Or, si nous attendons que le maktoube vienne un jour à notre secours en croisant les bras, on peut attendre trois siècles ou plus ! Quant à l’avenir des générations futures, ils attendront eux aussi leur maktoube !

 

 

Yazid Haddar.

Cf. les ruptures et l’oublié, p26.

El-Watan 11/09/09.

Khabar Hébdo N° 546.

Commenter cet article

Joseph BOUCHEZ 06/10/2009 17:45


Yazid,
J'ai essayé de te contacter par mail à l'adresse que tu m'avais écrite pour le site Web mais mon message m'est retourné.
Peux-tu m'envoirer un mail pour reprendre contact ?
Merci
Joseph


Omar HADDAR x) 04/10/2009 18:32


Bonjour m'sieu haddar ;)

Même si j'ai absolument rien compris j'passais quand même voir :)
C'était cool therese d'avila avc vous ^^
" ji vé ty métr oune obsérvasssion !!!! " =)

Acceptez moi sur facebooooook :p
omar


Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents