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La Psychologie en Algérie

La Psychologie en Algérie

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


Doit-on espérer à un avenir meilleur ?

Publié par Haddar Yazid sur 6 Janvier 2011, 09:59am

Catégories : #POLITIQUE

 

« Si l’optimiste est un imbécile heureux, le pessimiste n’est trop souvent qu’un imbécile malheureux. »  Bernanos.

 

Une année qui s’achève et une autre qui commence. Une décennie  s’achève et qui laisse notre avenir obscur. Certes, nous ne sommes plus dans la décennie noire, le calme s’est rétabli dans notre société, mais l’insécurité s’est répandue dans nos villes. Nous n’avions moins peur dans la décennie noire qu’aujourd’hui ! La violence s’est amplifiée et la corruption prend des proportions alarmantes. Le phénomène de harraga c’est généralisé, etc. Nous sommes en  situation inquiétante. Mais que doit-on faire ? Les mots qui se sont usés au cours de cette décennie, à force d’être employés, sont l’instabilité, le retard, la régression (dégradation) et l’espoir (désespoir).

 

L’instabilité reflète l’image de nos institutions, qui sont, rappelons-le, le produit de la volonté et/ou du volontarisme de nos décideurs politiques. Rien n’est fait pour que les institutions jouent leur rôle pleinement. Quand le pays est géré par décret, on peut se demander de l’utilité des institutions représentatives (l’APN, la deuxième chambre, etc.). Cette instabilité s’est traduite sur le plan politique, économique, social, éducatif, culturel, etc. Elle empêche les nationaux et les étranges d’investir à long terme. Elle pousse les cadres et les compétences nationaux à l’exil. Elle rend l’horizon confus. Cette instabilité donne également l’image d’un pays ravagé par les clans au sein du même pouvoir dirigeant. Un système politique usé par ses ruses vieillottes et sclérosées. Il reste autiste aux revendications de sa population et de son temps. La seule chose qui l’intéresse, c’est la continuité. Mais de quelle continuité parle-t-on ?  Une continuité avec la même équipe depuis une décennie, parfois même plus pour certains ministres, certains incapables de donner un bilan des activités de leur ministère. Cette instabilité, elle renforce la corruption, au vu et au su de tous. De plus, elle renforce le népotisme et la servilité pour des personnes fragilisées par ce système politique. A vrai dire, cette instabilité rend l’Etat fragile et l’avenir de notre pays est de plus en plus fortuit…

Nous sommes devenus des champions dans le monde en ce qui concerne les retards enregistrés pour la réalisation de nos projets de construction, de chemins de fer, métro, autoroute, etc. Il n’y a quasiment aucun projet qui a respecté les délais de réalisation. Nos projets de construction sont devenus des puits sans fond, pour injecter des sommes faramineuses d’argent public, sans rendre des comptes à personne ! Ceci peut perdurer tant qu’il y a la manne  pétrolière.

L’état de nos hôpitaux, de notre espace public, de notre administration, etc., laisse à désirer. Il se dégrade de plus en plus[1]. La fuite des compétences, le manque de vision claire et l’émergence des comportements non-civiques se multiplient à tout niveau. Ainsi, les valeurs de citoyenneté sont devenues rarissimes dans nos villages et nos villes (qui sont devenues des grands villages). Le rôle de l’école est démissionnaire, pour renforcer les valeurs citoyennes et républicaines. Cependant, des valeurs et des comportements émanés d’une religiosité moyenâgeuse sont omniprésents dans notre société.  

 

Certains de nos jeunes ont perdu tout espoir dans notre pays. Un phénomène qui s’est accru  pendant cette décennie, c’est la harraga : des jeunes, des vieux, des femmes, des universitaires, etc. C’était inimaginable au cours des années précédentes. A vrai dire, ce phénomène traduit le malaise de la société algérienne et aussi son incapacité à faire face au pouvoir politique. Cependant, les pouvoirs publics criminalisent ce phénomène. Au lieu de lancer des études pour mieux le comprendre, ils font des lois répressives à leur encontre ! Le statu quo ne rend guère espoir à notre jeunesse. Elle tourne le dos aux politiques, à la politique et elle se refuge de plus en plus dans la religiosité et le sport.      

 

Y a-t-il de quoi d’être optimiste ou restions-nous des éternelles pessimistes ? L’année 2014 nous le dira ! En attendant, restez des témoins de cette histoire.        

 

Yazid HADDAR

Auteur.



[1] L’exemple de l’hôpital de Sétif. Cf. El-watan 24/12/2010.

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