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La Psychologie en Algérie

La Psychologie en Algérie

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


Infantilisation

Publié par Haddar Yazid sur 28 Février 2010, 11:26am

Catégories : #POLITIQUE

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Par Ali Bahmane


Le choc, au niveau de l’opinion publique, causé par la nouvelle de la mort tragique du premier responsable de la police a été sensiblement accentué par la grave défaillance de la communication officielle. Alors qu’il aurait pu livrer les pistes les plus sérieuses en mesure d’aider le commun des mortels à se faire une idée du mobile du meurtrier, le ministère de l’Intérieur s’est fourvoyé sur le chemin de l’acte de folie. Comme il n’est pas dupe, dès qu’il a su la nouvelle, le citoyen a fait le lien soit avec le terrorisme, soit avec les affaires. Il a eu bien raison car les journaux indépendants lui apprendront plus tard, dans le détail, que c’est la passation douteuse d’un marché public de pièces de rechange qui serait à l’origine de l’assassinat de Ali Tounsi.

La reprise du communiqué du ministère de l’Intérieur, toute la soirée de jeudi, par les médias audiovisuels lourds n’a fait qu’accentuer les supputations et assombrir l’événement. Le JT de 20h n’a pas dérogé à cette incroyable règle de la conformité à la seule version officielle. Ne pouvant aller plus loin, les rédactions des médias publics ont été contraintes de se faire violence, accentuant la frustration chez les citoyens et ajoutant à l’ampleur des dégâts causés par la désinformation et le silence.

Dans la récente affaire de Sonatrach, le ministre de l’Energie s’est fait un devoir de ne pas évoquer le mot « corruption » alors que la justice a sensiblement avancé dans ce sens. Idem pour la tutelle ministérielle de l’autoroute Est-Ouest. On peut citer à l’infini les cas de démission d’institutions publiques concernées par des affaires de bradage de ressources dont elles ont la charge.

Il est anormal que le chef de l’Etat lui-même ait choisi cette voie. En décidant de ne plus communiquer avec son peuple, il offre le spectacle d’un responsable qui n’a aucune prise sur les événements et les hommes et qui n’a plus de solution à offrir pour freiner la descente aux enfers du pays. A force d’être mis dans l’ignorance et infantilisés, les citoyens ont fini par se retourner contre tous ceux qui les gouvernent. Ils ont développé l’équation suivante : ceux qui se taisent ou pervertissent la vérité sont ceux-là mêmes qui volent ou qui couvrent les voleurs.

Leur intime conviction, aujourd’hui, est que les bradeurs des richesses nationales se recrutent essentiellement chez les responsables politiques, économiques et administratifs. Tout le monde est mis dans le même sac. Quant aux discours récurrents du pouvoir sur « la lutte contre la corruption », ils ont fini par n’avoir aucun impact, sauf celui de déclencher l’hilarité. C’est un véritable drame pour l’Algérie dont les institutions publiques sont lourdement discréditées et cela au moment où le pays et la société ont cruellement besoin d’un Etat fort, sain, écouté et surtout à l’écoute.

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