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PSYCHOLOGIE en ALGERIE

PSYCHOLOGIE en ALGERIE

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


Les fantômes du DRS ?

Publié par Haddar Yazid sur 8 Mai 2013, 20:52pm

Catégories : #POLITIQUE

« Dans ce vaste cimetière qu’est l’Algérie, où nos pas nous mène d’une tombe fermée à une autre ouverte, nous avons d’abord enterré les idées, les rêves et les mots avant d’ensevelir les corps suppliciés d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont vécu sans rien, et sont morts pour rien ».

Une journaliste algérienne.

 

Je lis souvent dans la presse nationale que le DRS fait des enquêtes sur telle ou telle affaire, interroge des personnalités politiques et hauts cadres de l’Etat que la justice n’arrive pas à interroger, ni à convoquer ! DRS est-il le Ministre de la justice ? A-t-il un statu d’intouchable ?  Est-il le protecteur de l’Algérie ? Est-il le garant de la constitution algérienne ? Quel est son statut juridique ?

 

Quand je lis les mêmes titres de presse, j’ai l’impression que le DRS échappe au contrôle de la Présidence, des institutions de l’Etat, d’ANP, du SENAT, etc.  La presse le présente (DRS) comme justicier, le « Zorro » qui protège le pays des corrupteurs, des délinquants politiques, des antinationalistes, est-il  le héro de la nation ? Quand, j’écoute les citoyens, le DRS a l’œil sur tout, par ses agents qui sont omniprésents sur le territoire national et international ! Sont-ils réellement partout ? L’opposition voit en DRS le malheur du pays, la chambre noire où les affaires de l’Etat sont cuisinées. Bref, tous les malheurs du pays c’est le DRS selon certaines personnalités de  l’opposition ! Alors, c’est quoi ce DRS ?

 

C’est le 5 juillet 1990, à l'occasion des commémorations de l'indépendance du pays, que le général-major Khaled Nezzar l’avait créé.  Le 4 septembre 1990, ses différentes branches sont réunies et centralisées au sein d'un organisme unique baptisé « Département du Renseignement et de la Sécurité » (DRS). La présidence de la république sous Chadli Bendjedid perd tout contrôle sur la branche « civile » de la SM (ancienne Sécurité Militaire, créée en 1962),  elle sera placée sous la seule responsabilité du ministre de la défense, le général major Khaled Nezzar, à l’époque, confia le DRS au général Mohamed Mediène dit « Tewfik » et qui sera le nouveau patron de toute la nébuleuse du département de renseignement. Elle a trois grands services qui sont :

La Direction du Contre-Espionnage (DCE), dispose d'un service action, le centre de recherche et d'investigation (CRI) à Ben Aknoun, intitulé ANTAR. La mission première de la DCE, contrairement à son intitulé officiel, est de surveiller et d’infiltrer la société. Elle comporte plusieurs sous-directions et services ; la Direction Centrale de la Sécurité de l'Armée (DCSA), elle est, en principe, spécifiquement militaire, elle consiste à protéger le personnel et les infrastructures de l’armée ; et enfin, la Direction de la Documentation et de la Sécurité Extérieure (DDSE). Il gère également  un grand nombre d'organismes subordonnés.

Officiellement, le DRS est sous la tutelle du ministre de l’armée national, qui est sous la direction de la Présidence ! Cependant, où se situe la zone obscure ? Est-elle dans la communication interne et externe ? Les institutions algériennes ne communiquent guère ni entre elles ni avec le monde extérieur ; la preuve aucune trace officielle du DRS sur le net. C’est à l’image de la cellule familiale, qui manque de communication entre ses membres, ce manque de communication s’étend à l’ensemble des échelles de la société, entre les générations, par exemple, mais aussi sur le plan professionnel et institutionnel. De plus,  cette absence de communication laisse la place à l’ambiguïté, et celle-ci cultive les « mythes », y compris sur cette institution, en l’occurrence DRS. Ces mythes sont divers, d’une omniprésence à une omnipotence, en passant par les traumatismes dans l’inconscient collectif. Il s’agit bien des non-dits sur les assassinats politiques, la répression et les méthodes controversées utilisées pour avoir les informations,  restant jusque là étouffer par la culture de la diversion au sens de la psychologie sociale. A force d’entendre ce même discours, le peuple se perd dans cette culture au point de l’adopter. Celle-ci, impose la culture de l’irresponsabilité et le sentiment d’impuissance, en d’autres termes être observateur d’une scène théâtrale où le peuple n’est pas invité.  Peu de responsables prennent leur responsabilité en faisant un bilan de leur activité par exemple, et le publient par soucis de transparence et d’éthique.

 

Les enquêtes du DRS, sur les personnalités politiques et les hauts cadres de la nation, relatives à la corruption s’avers controversées, car elles discréditent le système judiciaire algérien et le fragilisent. Nous savons que sans une justice fiable et indépendante on ne peut pas parler de démocratie. Il est vrai que le système judiciaire souffre à plusieurs niveaux. Cependant, l’unique moyen de lui donner une légitimité et de lui donner sa place dans le débat national c’est de le rendre indépendant de toutes formes de pressions. A ce jour, la volonté politique de rendre cette institution indépendante est restée prisonnière du discours politique, sans lui donner les moyens juridiques et matériels pour qu’elle soit réalisable. Ceci dit, le citoyen n’a pas confiance en ses administrateurs et politiques, car le rapport est déséquilibré et fragilisé par manque de confiance.

 

Est-ce que tous les malheurs de l’Algérie se réduisent à la gestion du DRS ? C’est malheureux d’entendre ce genre de discours, car se porter comme  victime d’une situation, sans être acteur de son présent et de son avenir, relève de la démission. La démission est partout dans notre société et elle touche l’ensemble de ses composantes. De plus, un poste de responsabilité ne devrait pas être une propriété privée, mais comme une location, car chaque temps a sa génération, qui l’incarne.

 

Le DRS fait partie de la société et est le produit de l’Homme algérien. Il reflète l’image de la société. Ceci dit, il devrait prendre sa juste place, sans se mêler ou sans incarner un rôle, qu’il n’est pas en mesure de maîtriser. L’avenir de la nation est l’affaire de toute la société civile ; ce n’est pas l’affaire d’un individu ou d’une institution.

 

Yazid HADDAR

http://fr.wikipedia.org/wiki/Département_du_Renseignement_et_de_la_Sécurité

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