Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La Psychologie en Algérie

La Psychologie en Algérie

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


Nos cerveaux attaqués par le net… vraiment ?

Publié par Haddar Yazid sur 4 Juillet 2010, 20:13pm

Catégories : #PSYCHOLOGIE

in le monde (02/07/2010)

Internet Actu

Arrêtez tout de suite de lire cet article, il pourrait vous rendre stupide ! Ne cliquez pas sur les liens, ils pourraient vous distraire !

Tel est le cri d'alarme que lancent (à nouveau) quelques Cassandre des nouvelles technologies, estime Nick BiltonNew York Times. Nicholas Carr (blog), dans son nouveau livre,  The Shallows (qu'on pourrait traduire par "le bas-fond", pour désigner quelque chose de peu profond, de superficiel, de futile : le livre est sous-titré "ce que l'Internet fait à nos cerveaux"), affirme qu'Internet, les ordinateurs, Google, Twitter et le multitâche transforment notre activité intellectuelle au détriment de notre capacité à lire des choses longues, activité critique pour le fonctionnement de nos sociétés. Carr estime que le web avec son hypertexte coloré et son abîme sans fin d'informations morcelées, nous rend stupide, comme il le résume dans une tribune publiée récemment sur Wired pour présenter son livre : pour le

"Il n'y a rien de mal à absorber rapidement et par bribes des informations. Nous avons toujours écrémé les journaux plus que nous ne les avons lus, et nous gérons régulièrement les livres et les magazines avec nos yeux pour en comprendre l'essentiel et décider de ce qui nécessite une lecture plus approfondie. La capacité d'analyse et de navigation est aussi importante que la capacité de lire et de penser profondément attentivement. Ce qui était un moyen, un moyen d'identifier l'information pour une étude plus approfondie, est devenu une fin en soi, est devenu notre méthode préférée à la fois pour apprendre et analyser. Éblouis par les trésors du Net, nous sommes aveugles aux dégâts que faisons peser sur notre vie intellectuelle et notre culture.

Ce dont nous faisons l'expérience est, dans un sens métaphorique, une inversion de la trajectoire de civilisation : nous évoluons de cultivateur de la connaissance personnelle en cueilleurs de la forêt de données électroniques. Dans ce processus, il semble que nous soyons voués à sacrifier une grande partie de ce qui rend nos esprits si intéressants.”

Soucieux de propositions concrètes, Nicholas Carr va même jusqu'à proposer de repousser les liens hypertextes en fin d'article, pour faciliter la lecture et la concentration et éviter toute distraction (voir Narvic, “Le lien est-il en train de tuer le texte ?”).


L'EXPÉRIENCE MODIFIE LE CERVEAU… ET ALORS ?


Pourtant, tout le monde n'est pas aussi catégorique. Le psychologue et cogniticien Steven Pinker rappelle dans le New York Times que la défiance actuelle n'a rien de nouveau. Les mêmes choses ont été dites après l'invention de l'imprimerie, des journaux, du livre de poche ou de la télévision. C'est la fonction même de nos cerveaux d'apprendre de nouvelles choses. “Les critiques des nouveaux médias utilisent parfois la science elle-même pour faire valoir leur cause, en invoquant des recherches qui montrent comment “l'expérience peut modifier le cerveau”. Mais les neuroscientifiques roulent des yeux à un tel discours. Oui, chaque fois que nous apprenons une information ou une compétence, la façon dont sont reliés nos neurones change. L'existence d'une plasticité neuronale ne signifie pas que notre cerveau est une masse d'argile broyée par l'expérience.”

Le journaliste scientifique, Jonah Lehrer, auteur de Comment nous décidons, affirme également dans une magistrale réponse à Nicholas Carr qu'il est encore trop tôt pour tirer une conclusion sur les effets négatifs du web. Les éléments de preuves qu'utilisent les Cassandre de l'Internet pourraient tout à fait être utilisés pour affirmer que nous ne devrions pas marcher dans une rue parce que la charge cognitive y est beaucoup trop grande, comme l'affirmait en 2008 un groupe de scientifique de l'université du Michigan, montrant les effets dramatiques d'une ballade en ville sur la mémoire, la maîtrise de soi et l'attention visuelle (voir “Comment la ville nuit-elle à notre cerveau”). “Sur la base de ces données, il serait facile de conclure que nous devrions éviter la métropole, que les rues de nos villes sont un endroit dangereux et qu'il vaudrait mieux rester à la maison et jouer sur Google. Ce serait un argument à courte vue, basée sur une lecture limitée d'un ensemble très limité de données”, répond Lehrer.

Carr soutient que nous sommes en train de nous saboter, en passant d'une attention soutenue à la superficialité frénétique de l'Internet. Selon lui, du fait de notre plasticité neuronale, nous sommes en train de devenir les miroirs du médium qu'on utilise. Pour Carr, le cerveau est une machine à traitement de l'information qui est façonnée par la nature des informations qu'elle traite.

Il ne fait aucun doute que l'Internet change notre cerveau, rappelle Lehrer. “Tout change notre cerveau”. Mais Carr néglige de mentionner que l'Internet est aussi bon pour l'esprit. Une étude sur l'ensemble des études consacrées aux effets cognitifs des jeux vidéo par exemple montre que le jeu conduit à des améliorations significatives des performances de plusieurs tâches cognitives, de la perception visuelle à l'attention soutenue. Même Tetris peut participer à une augmentation marquée de notre capacité à traiter de l'information. “Une étude en neurosciences de 2009 de l'université de Californie à Los Angeles, a constaté que l'exécution de recherches sur Google a conduit à une activité accrue dans le cortex préfrontal dorsolatéral (en comparaison avec la lecture d'un texte sous forme de livre) [voir : "Le papier contre l'électronique : lequel nous rend plus intelligent ?"]. Fait intéressant, cette zone du cerveau sous-tend des talents précis comme l'attention sélective et l'analyse intentionnelle que Carr dit avoir disparu à l'âge de l'Internet. En d'autres mots, Google, ne nous rend pas stupide, car l'exercice de nos muscles mentaux nous rend toujours plus intelligents.”

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents