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La Psychologie en Algérie

La Psychologie en Algérie

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


Que la Constitution algérienne qui garantit la liberté de culte soit appliquée sur le terrain

Publié par Haddar Yazid sur 24 Janvier 2010, 11:34am

Catégories : #Vu dans la presse

images-19-.jpgDans la nuit de samedi à dimanche derniers, un lieu de culte chrétien appartenant à la communauté protestante pentecôtiste Tafat (lumière) de Tizi Ouzou a été saccagé puis incendié. Alors que la wilaya a porté plainte pour exercice illégal du culte, le président de l’Eglise protestante d’Algérie, Mustapha Krim, tente de se défendre en dénonçant l’indifférence des autorités face à la montée de l’intolérance.


Par Hafid Azzouzi (el-watan du 15/01/2010)

-  Quelle a été votre réaction après le saccage de l’église Tafat à Tizi Ouzou ?

Nous sommes scandalisés. Nous nous attendions à cet acte. Nous constatons que le degré d’intolérance a atteint son paroxysme. En Kabylie, ce genre de pratique est inhabituel. Le saccage de notre église à Tizi Ouzou qui coïncide avec les événements de l’Egypte où on a brûlé des églises nous amène à nous poser des questions sur l’internationale islamiste. S’agit-il d’un exemple suivi, ici, à Tizi Ouzou ? L’Islam de nos parents n’est en rien comparable à l’Islam politique d’aujourd’hui. Dans l’indifférence affichée des autorités, on manipule les gens contre les chrétiens. Nous déplorons la lenteur et l’indifférence des autorités à s’impliquer dans cette situation. Nous avons entrepris toutes sortes de démarches et frappé à toutes les portes. Hélas, à ce jour, nos doléances ne sont pas encore prises en compte. Les autorités veulent-elles le pourrissement de la situation ? Sinon, qu’attendent-elle pour agir ? Nous sommes des citoyens à part entière comme tous les Algériens. Ce n’est pas la rue qui va décider pour nous. Nous sommes censés vivre dans une démocratie où les lois de la République doivent être respectées. Nous attendons le dénouement de cette situation dans les meilleurs délais.

-  N’est-ce pas un peu exagéré que d’accuser l’internationale islamiste ?

Je suis convaincu que ce n’est pas un acte isolé, spécifique seulement à la Kabylie, mais téléguidé par une mouvance islamiste internationale, puisque, comme je l’ai déjà souligné, en Egypte on a enregistré des comportements d’intolérance similaires.

-  La wilaya de Tizi Ouzou vient de porter plainte contre votre église…

Nos autorités qui viennent de prendre un carton rouge, en classant l’Algérie dans les pays à risque, ne trouvent pas mieux que de se retourner encore contre les églises au lieu de trouver des solutions.

-  Et vous, avez-vous saisi la justice ?

Oui, nous avons saisi la justice. En tout, cinq plaintes ont été déposées, dont une auprès du procureur. Nous avons déposé plainte contre X et des personnes physiques. Car les auteurs du saccage sont identifiés. D’ailleurs, nous avions au préalable entrepris des négociations pour essayer de régler les choses à l’amiable, en vain. Les auteurs de cet acte sont arrivés vraiment à l’extrême. Ils ont refusé toute sorte de dialogue. Nous avons déjà soumis l’affaire à la justice. C’est à elle de faire son travail. Que la Constitution algérienne qui garantit la liberté de culte soit appliquée sur le terrain pour montrer l’esprit de tolérance à l’égard des autres religions. La violence ne mène nulle part. Bien au contraire, elle nous éloigne davantage de l’Islam.

-  Quel est le statut de l’église Tafat de Tizi Ouzou ?

Nous avons un agrément national valable pour toutes nos antennes en Algérie. Nous avons adressé des lettres au wali, demandant la protection des personnes par la force publique, le jour du culte. Comme elle a déjà été accordée pour l’église des Ouadhias. Aucune réponse ne nous a été donnée, ni du wali, ni du ministère des Affaires religieuses, encore moins du Premier ministre que nous avons également interpellé.

-  Mais la loi de mars 2006 qui interdit l’exercice d’un culte non musulman « en dehors des édifices prévus à cet effet » subordonne aussi « l’affectation des édifices pour l’exercice du culte à l’obtention d’une autorisation préalable » que vous n’avez pas…

S’agissant de la conformité des locaux de l’église Tafat, il faut préciser que toutes les églises d’Algérie sont dans la même situation. Les autorités ne donnent pas d’autorisation pour construire des lieux de culte, alors qu’à chaque fois qu’on aménage un espace pour en faire une église, l’administration procède à des interdictions. Les locaux des églises sont détournés de leur vocation initiale pour devenir des pharmacies et des sièges pour certains syndicats, comme à Béjaïa pour l’UGTA. Si les autorités nous autorisaient à construire des églises, les choses rentreraient dans l’ordre.

-  Ceux qui ont attaqué votre église vous accusent de nuisances…

A Tizi Ouzou, certains citoyens nous reprochent également la mixité lors des journées de culte ! Alors que nos locaux sont situés à plus de 500 m des habitations…

-  Quelle est votre relation avec l’Eglise évangéliste américaine ?

Le protestantisme est assez diversifié. Il proteste contre les traditions du moment pour revenir à la source. De tout temps, on a toujours cherché à discréditer ceux qui pratiquent le message de l’évangile. On nous reproche, entre autres, d’avoir servi de relais à certains jeunes afin de leur faciliter l’obtention de visa et l’asile politique. Il y a peut-être des gens malintentionnés qui essaient de s’introduire dans notre communauté avec des objectifs inavoués. Mais je le répète, nous ne sommes ni le consulat ni l’ambassade pour délivrer des visas. Nous sommes contre ces pratiques.

-  Combien existe-t-il d’églises protestantes en Kabylie ?

Dans la wilaya de Tizi Ouzou, nous avons 720 adhérents répartis à travers une vingtaine d’églises, tandis que dans la région de Béjaïa, nous disposons de dix antennes. Pour revenir à l’église Tafat, je pense qu’il est toujours possible de trouver une solution pour peu que les autorités concernées interviennent. C’est un faux problème qui peut être résolu. Si les autorités nous attribuent un autre terrain viabilisé et sécurisé en dehors de la ville de Tizi Ouzou, nous sommes prêts à faire échange.

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