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PSYCHOLOGIE en ALGERIE

PSYCHOLOGIE en ALGERIE

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


W. Tamzali, K. Daoud, B. Sansal et A. Zaoui, l’exception littéraire !

Publié par Haddar Yazid sur 4 Juillet 2013, 21:13pm

Quel est le point commun entre W. Tamzali, K. Daoud, B. Sansal et A. Zaoui ? C’est la résistance à la médiocrité intellectuelle ! Ce sont des auteurs qui ont réussi à exprimer les vrais maux, qui freinent l’épanouissement de la citoyenneté, de la société algérienne sans autocensure ni complaisance à l’égard du pouvoir en place, ni à l’égard des fanatiques religieux. Leur écrit ne s’adresse pas à une opinion internationale pour séduire les lecteurs occidentaux, comme le laissent entendre certains commentateurs. Non, au contraire, de plus en plus de lecteurs algériens qui les lisent. Cependant, leur cri « réflexif » en premier lieu est d’inscrire leur revendication et leur pensée sous-jacente dans une revendication humaniste et universaliste. Sont-ils des éveilleurs de conscience ? Prétentieux de dire oui ! Néanmoins, à leur manière et chacun dans son domaine, ils dissèquent, analysent, avec un esprit critique constructif, les peines auxquelles chaque citoyen se heurte au quotidien. De plus, ils vont à l’essentiel, en évitant de tourner en rond !

De son côté, B. Sansal, où, dans ses romans, la question de l’histoire est omniprésente, mais aussi au-delà d’une logique guerrière de la Révolution algérienne, arrive à voyager entre l’avant et le maintenant, entre le désir d’être et les moyens d’être, entre l’amont et l’aval de notre logique ! Il épuise ses arguments dans notre histoire, il essaye de dire que les martyres ne sont pas forcément des saints[1] et que notre histoire reste un puits sans fond inexploitable, tant que les vieux dinosaures restent « des veilleurs de conscience » !

Cependant, A. Zaoui interroge les arabophones ou les arabisants, comme il aime écrire, sur l’incapacité de s’interroger par cette langue. Ce n’est pas le défaut de la langue au contraire, c’est le fardeau que lui imposent ses protecteurs. A ce sujet, il écrit qu’« il a une sorte de peur vis-à-vis du lecteur littéraire arabisant [2]». Et puis il s’interroge : « Pourquoi le lecteur littéraire arabisant réagit-il avec une telle violence, dès qu’il se trouve face à un texte créatif et libre d’imagination ? Tout écrivain révéré et sensé respecte la liberté de son lecteur. Le lecteur a le droit d’aimer ou de ne pas aimer untel ou un tel texte littéraire. Mais à condition que ce refus ne se métamorphose pas en un acte de diabolisation, de négation ou en autodafé. »

Dans sa rubrique Raina Raïkoume, le chroniqueur K. Daoud pose de vraies questions quotidiennement sur la politique, la religion, les traditions, etc., sans s’imposer une limite. Il titille notre conscience, il nous provoque pour se réveiller de notre long sommeil afin de réagir à cette inertie qui atteint l’ensemble des institutions algériennes, mais aussi de nous libérer de cette peur, de ne pas tout dire, inculquée depuis des décennies, avec son humeur habituel, l’amère devient « dégistable ». Lisez cette phrase, qui simplifie le rapport de l’Algérien à la tolérance ; il écrit : « Insultes à l'islam est puni par la loi. Si un Occidental le fait, au mieux, il est emprisonné, au pire, il est décapité. Mais insultes à la chrétienté et à la judaïté ou au bouddhisme ou l'animisme, c'est courant, Hallal, cela se fait chaque vendredi, dans les mosquées, les livres, les médias et les cafés[3]. »

Wassila Tamzali, pour sa part, dans son ouvrage Une Femme en colère[4], courageuse, aborde toutes les questions qui fâchent sur les conditions de la femme algérienne, mais aussi la femme arabe. Ainsi dans un entretien accordé au journal le Monde[5], elle déclare qu’« aujourd'hui, nous sommes confrontés à un vaste chantier d'endoctrinement sur l'infériorité des femmes mené par des savants, par l'école, les télévisions par satellite, les cassettes audio, les prêches des mosquées, les milliers d'imams autodidactes, et des stars médiatiques. La question de l'égalité est une question éthique, poursuit-elle ; elle doit être abordée sur le plan des principes et pas par des réformes sociales. D'où la nécessité de la laïcité, elle seule peut renverser les rapports d'oppression dont souffrent les femmes et les hommes dans les sociétés musulmanes ; seule la laïcité peut conduire à l'émergence d'une conscience moderne musulmane ».

Nous avons tellement besoin des personnes comme elles ! N’arrêtez pas de nous éclairer notre lanterne…

[1] Le Serment des Barbares, Gallimard 1999.

[2] Liberté 09 mai 2013.

[3] Quotidien d’Oran du 22 juin 2013.

[4] Gallimard 2007.

[5] 1le monde du 2/12/2009.

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