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La Psychologie en Algérie

La Psychologie en Algérie

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


Penser le Coran

Publié par Haddar Yazid sur 19 Février 2009, 10:17am

Catégories : #Culture

« Ecouter ne veut pas dire interpréter selon ses désirs cette parole, mais la remettre dans son contexte et lui donner le statut d’un message destiné à l’humanité »

Tahar Ben Jelloun

La lecture de dernier ouvrage de Mahmoud Hussein, qui est le pseudonyme commun de Baghat Elnadi et Adel Rifaat, deux politologues français d’origine égyptienne, nous apporte des éclaircissements sur le livre sacré : le Coran, mais il peut, aussi,  heurter les convictions des fondamentalistes religieux. Avec une écriture simple, claire et argumentée, les auteurs nous offrent des clés pour accéder aux textes Sacrer. Ce qui nous permet une meilleure compréhension de la révélation coranique, en la situant dans le temps et dans l’espace. « Au-delà d’une information élémentaire sur la teneur de tel ou tel verset, nous (les auteurs) nous efforcions de souligner ce qui, pour nous, était une évidence : que la parole coranique entretient un lien vivant avec le contexte dans lequel elle a été révélée » (p.19). Les rencontres avec le publique suite à la publication de leur ouvrage Al-Sîra, sur le Prophète de l’Islam raconté par ses compagnons (deux tomes, 2005, 2007), leur a permis « de mesurer la difficulté qu’éprouvent de nombreux croyants à admettre un tel discours. Et de comprendre pourquoi, dans leur for intérieur, ils ne se sentent pas autorisés à l’admettre (p19) ».  Selon les auteurs, cet handicape est dû a «  une doctrine qui progressivement pris corps après la mort du Prophète et qui, depuis, n’a cessé de faire ravages dans les esprits ». Cette doctrine, expliquent les auteurs, « repose sur un raisonnement à première vue imparable : le Coran étant la parole de Dieu, il n'est pas tributaire du Temps ».

Ainsi l’ensemble des chapitres (vingt) essayent de démontrer le contraire de cette lecture littéraliste (le strict respect de la lettre) qui irrigue la pensée majoritaire dans l'islam aujourd'hui[1]. En multipliant les exemples à propos des prescriptions concernant la femme, les relations avec les autres religions, concernant la personne du Prophète et Ses contemporains, sur les versets abrogés, etc. Ils ont laissé parler l’histoire ; ils s’appuient sur des textes écrits à l’époque comme Al-Bukhârî, Muslim, etc.

Prenant l’exemple du voile, en s’appuyant sur le texte d’Al-Wâhidî : « les maisons de Yathrib étant trop petites, les gens devaient sortir pour leurs besoins. Les femmes sortaient à la nuit tombée. Les débauchés les suivaient, s’approchaient d’elles, leur faisaient des avances. Lorsqu’elles se taisaient, ils les importunaient davantage ; lorsqu’elles les repoussaient, ils finissaient par s’éloigner d’elles. Ces débauchés poursuivaient surtout les esclaves, mais dans l’obscurité de la nuit, ils ne pouvaient distinguer les femmes libres des esclaves, puisqu’elles étaient toutes vêtues de robes et portaient des foulards. Les femmes parlèrent de ces choses à leurs maris, qui en parlèrent au Messager de Dieu. Alors le Très-Haut révéla : « Prophète, dis à tes filles, aux femmes des croyants, de revêtir leur mantes. C’est le plus sûr moyens pour elles de se faire reconnaitre et de ne pas subir d’offense ». (Coran XXXIII, 59). Les auteurs précisent qu’il s’agit ici de « mante » ou de « châle » (julbâb) plutôt que de « voile » (hidjâb), le mot que l’on trouve plus loin, dans le verset XXXIII, 53 s’appliquant aux seules épouses du Prophète. (p.120)

Les auteurs ont montré que Dieu est proche de Homme et qu’Il n’est pas contre lui, Il a guide le Messager de Dieu, pour montrer le chemin aux croyants pour qu’ils se connaissent, pour qu’ils se rencontrent. En méditant la Parole de Dieu, en favorisant la réflexion appuyée sur la raison. Quand on lit le Coran, écrit  Tahar Ben Jelloun, avec les lunettes de la transparence et de l’intelligence du cœur, on se rend compte qu’il est le texte le plus farouchement opposé à l’intégrisme, au fanatisme, au djihad en tant que prétexte à l’assassinat d’innocents, au suicide et à toute forme de violence politique qui détourne l’islam de son message d’humanisme et de paix. […]. La nouveauté de cet essai, poursuit-il, est de remettre les idées en place sans intervention extérieure, sans donner de ­leçons, mais en revenant au texte lui-même […][2].

 



[1] Cf. entretien dans le Nouvel Observateur.

[2]  Cf. Paris Match du 22-01-2009

 

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