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La Psychologie en Algérie

La Psychologie en Algérie

Une lecture de l'actualité algérienne mais autrement...Yazid HADDAR


La colère raffinée.

Publié par Haddar Yazid sur 28 Février 2009, 22:03pm

Catégories : #Culture

‘’J’ai écrit en tant qu’être humain, enfant de la glèbe et de la solitude, hagard et démuni, qui ne sait pas ce qu’est la Vérité, dans quel pays elle habite, qui la détient et qui la distribue. Je la cherche et, à vrai dire, je ne cherche rien, je n’ai pas les moyens, je raconte des histoires, de simples histoires de braves gens que l’infortune a mis face à des malandrins à sept mains qui se prennent pour le nombril du monde, à la manière de ceux-là, perchés au-dessus de nos têtes, souriant grassement, qui se sont emparé de nos vies et de nos biens et qui supplément exigent notre amour et notre reconnaissance. J’aimerais leur dire que la dictature policière, bureaucratique et bigote qu’ils soutiennent de leurs actes ne me gêne pas tant que le blocus de la pensée. Etre en prison, d’accord, mais la tête libre de vagabonder, c’est ça que j’écris dans mes livres, ça n’a rien de choquant ou de subversif.’’

 

Ce que Boualem Sansal écrit dans son livre : Poste restant : Alger, lettre de colère et d’espoir à mes compatriotes, à l’édition Gallimard, paru le 16 mars 2006, une longue lettre adressé aux algérien(ne)s, c’est une réflexion qui touche à tous les maux de l’Algérie, c’est une forme d’invitation à tout Algérien et Algérienne de revoir leur vision sur leur Histoire, leur identité, leur langue et leur religion. L’auteur nous propose une vision plus humaniste et plus moderne. 

 

L’auteur défend bien ses idées, mais il répond également aux critiques qui lui ont été adressées par les intellectuels algériens, comme il est nostalgique de la période coloniale. Sur ce point exactement et à l’occasion de  la loi qui glorifie l’apport positif de la colonisation votée en Févier 2005, l’auteur écrit que la loi ne fait pas l’Histoire mais elle l’assujettit. Il écrit ‘’ l’Algérie n’eut guère de chance, des invasions, elle en a connu depuis la carthaginoise et chacune a laissé sa marque (…). On devrait un jour parler de ce que nous avions pris à ceux qui sont passés chez nous et dont la somme nous dit assez bien : le hammam des Romains, la cuisine des Turcs, la musique andalouse des juifs et leur art du négoce, l’islam et l’art équestre des Arabes, la gouaille des pieds- noirs, le goût des lettres des Français, et de ce que nous leur avons donné : ce goût de paradis qui fait qu’ils ne voulaient plus repartir’’.

 

Ce livret n’a pas encore mis en critique par nos compatriotes, ni par les intellectuels français. Comme d’habitude, on se demande souvent pourquoi écrire quand on n’est pas lu ? Souvent les écrits qui apportent des idées nouvelles, une vision plus lucide et plus lumineuse comme celle de Boualem Sansal, Rachid Boudjadera, Salim Bachi et d’autres ne trouvent plus d’écho au sein de notre communauté. Est-ce que l’Algérie est condamnée à vivre dans l’obscurité et l’anarchie ? Ce grand pays riche par ses ressources humaines et naturelles n’arrive pas à trouver son vrai chemin et sa place parmi les grandes nations, par cécité politique ou bien par les choix politiques. Pour que notre pays trouve son chemin vers la liberté et le respect des droits humains les plus élémentaires, et son épanouissement tant attendu pour exploiter sa richesse identitaire, linguistique et religieuse pour rejoindre le monde qui avance. Pour cela, doit-on être armé de vigilance ? Car, la vigilance est le premier devoir de la vie et nous en avons abondamment manqué, écrivait Boualem Sansal.

    

 

 Poste restante : Alger lettre de colère et d’espoir à mes compatriotes, édition Gallimard, mars 2006.

 

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